Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le journaliste Samuel Schellenberg, du "Courrier", reçoit le Prix Meret-Oppenheim

L'Office fédéral de la culture (OFC) lui décerne cette récompense pour son travail "sans concessions" sur le monde des beaux-arts en Suisse et à l'étranger.

Samuel Schellengerg dans la cuisine du "Courrier".

Crédits: Steeve Iuncker Gomez, "Tribune de Genève"

Voilà une nouvelle qui me fait plaisir! Vraiment. Là aussi, l'affaire n'est pas toute fraîche, même si elle reste d'actualité. C'est en effet demain lundi que Samuel Schellenberg se rendra à Bâle afin de recevoir le Prix Meret-Oppenheim. Cette récompense, qui porte le nom de l'artiste surréaliste germano-suisse morte en 1985, lui a été décernée par l'Office fédéral de la culture pour son travail en profondeur (1) de journaliste. Dotée de 40 000 francs, cette distinction salue un travail «sans concessions», de «grande portée culturelle», accompli au «Courrier» où Samuel est entré en 2004. Signalons que les candidats ne doivent pas postuler, comme pour une vulgaire Légion d'Honneur. Un jury fait une liste, choisit et décide. Bref, il fait ici son boulot.

Né à Zurich en 1971, installé à Lausanne (d'où il fait le voyage tous les jours), Samuel œuvre donc dans un bureau-appartement de la rue de la Truite, à la Jonction, où il se sent comme un poisson dans l'eau. En dépit de (rares) crises personnelles et d'endémiques problèmes d'argent, la rédaction partage ici des «valeurs». Valeurs morales, bien entendu. Il s'agit aussi d'un organe indépendant, ce qui se fait rare et appréciable. Le journaliste en sort de temps en temps, pour voir et enquêter. C'est ce qu'on appelle le terrain. Ses intérêts vont surtout à la création plastique contemporaine, avec ce que cela suppose de musées suisses mais aussi de biennales et de documenta(s). L'idée est de mettre ce qu'il voit et ce qu'on lui raconte en avant, et non lui-même. D'où un certain sérieux de style et de ton. Avec lui, pas de paillettes. Du reste «le Courrier» ne couvre pas un domaine gentiment faisandé comme le marché de l'art, même pour en dire du mal.

Aucun excès

Je connais Samuel depuis longtemps. On se rencontre même de temps en temps. C'est quelqu'un de discret, n'élevant pas la voix. Parlant peu. Avec cet homme réservé, aucun excès. Aucune provocation. Un certain humour, bien sûr, mais en demi teinte. Bref, nous ne jouons pas tout à fait dans la même cour, lui et moi, même si nous partageons, à en lire la «Tribune de Genève», un grand étonnement. C'est «Le silence pesant de la part de certaines institutions locales». Encore faudrait-il, soyons justes, que celles-ci aient quelque chose à dire.

(1) Dans le gros livre sur l'histoire du Centre d'art contemporain, par exemple, Samuel était sans doute le journaliste le plus cité. Il avait suivi une grande partie de la vie tourmentée du CAC.

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