Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le galeriste Emmanuel Perrotin remplace à Paris la FIAC par une chasse au trésor

Il y aura vingt oeuvres, valant parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros, cachées sous la nef du Grand Palais. Aux amateurs de les trouver les 24 et 25 octobre.

Emmanuel Perrotin, l'homme aux quinze galeries.

Crédits: Photo fournie par Emmanuel Perrotin.

Quand je reprends pour vous une nouvelle artistique française, elle provient en général du «Figaro» ou de «Connaissance des Arts». Parfois de «La Croix». Jamais de «Libération». Celle-ci sort en direct du «Monde». Je vous résume la chose. Il n’y a aucune honte à effectuer de la diffusion.

La FIAC, comme je vous l’ai dit, a été annulée. Un peu tard, ce qui vaut des ennuis à sa responsable Jennifer Flay. Superstar des galeristes parisiens, Emmanuel Perrotin va proposer un événement les 24 et 25 octobre pour remplacer la foire. Il peut se le permette. L’homme, qui a fondé son premier espace en 1990 à 21 ans, en a ouvert quatorze autres depuis. Il s’est avant tout tourné vers l’Asie, avec Hongkong, Séoul, Tokyo ou Shanghai.  Mais il a bien sûr également pris pied à New York. Aucun strapontin en Suisse, où ce sont plutôt les Américains qui s’installent. Bref, ce monsieur a les reins solides, à moins qu’il s’agisse d’un colosse aux pieds d’argile.

Questionnaire en cas d'ex-aequo

Pour le Grand Palais, Perrotin a imaginé une course au trésor. Il y aura vingt œuvres, offertes par ses artistes et non par lui-même, cachées sous la nef (16 500 mètres carrés). Il peut s’agir de multiples, mais aussi de réalisations uniques. Bernard Frize ou Daniel Arsham ont tenu à donner une vraie, belle création valant plusieurs dizaines de milliers d’euros. Les plus grandes pièces ne seront pas présentes. Elles seraient devenues trop visibles. Elle se verront donc remplacées par des symboles. Les chasseurs de trésor auront ainsi davantage de mal à les dénicher.

Gregor Hildebrandt, le plus généreux. Photo DR.

Que se passera-t-il en cas d’ex-æquo? Les participants seront départagés par un questionnaire en règle sur l’artiste dont ils revendiquent une œuvre, qu’ils n’auront pas le doit de revendre pendant cinq ans. «Tant qu’à faire, je préfère qu’elle aille au plus motivé», explique Emmanuel Perrotin. En cette période de limitions et de jauges, il existe bien sûr un nombre maximal de joueurs. Je vous rassure tout de suite. Les places sont prises. L’invitation a été lancée le 15 octobre à 16 heures. A 18 heures, 1800 personnes s’étaient déjà annoncées. Miracle des réseaux sociaux.

La Marilyn en granit

Reste qu’il y aura peut-être de mauvaises surprises. Gregor Hildebrandt a ainsi tenu à offrir une grande Marilyn en granit. Imaginez-vous que vous la remportiez et que vous habitez un deux-pièces au cinquième étage sans ascenseur. En plus, vous n’avez pas le droit de revendre cette star pesant des centaines de kilos pendant cinq ans. L'horreur!

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