Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le démontage de l'échafaudage dressé sur Notre-Dame de Paris a commencé

La cathédrale était en travaux lors de l'incendie du 15 avril 2019. Il faut maintenant faire descendre les 40 000 poutrelles dressées autour de la flèche qui s'est effondrée.

L'arrière de Notre-Dame, avec vue sur l'échafaudage.

Crédits: Joël Saget, AFP.

C’est parti! Lundi 8 juin, le démontage de l’échafaudage posé sur Notre-Dame de Paris comme une toile d’araignée a commencé. Les travaux ont été différés par le mauvais temps, les grèves et bien sûr le confinement. Ils vont maintenant se dérouler en trois mois. Si tout va bien. Les chantier est à la fois titanesque et plein d’inconnues, comme l’explique Claire Bommelaer sur le site du «Figaro».

C’est en 2018 que l’échafaudage avait commencé à s’élever. Le but était alors de restaurer la flèche, disparue dans l’incendie du 15 avril 2019. Les tubulaires étaient arrivés à mi-hauteur. La chose a permis de déposer le 12 avril 2019, soit trois jours avant la catastrophe, les douze statues d’apôtres de cette tourelle reconstituée par Eugène Viollet-le-Duc au milieu du XIXe siècle. Europe Echafaudages, en charge de poser les tubulaires, avait imaginé une imbrication de tuyaux ne reposant pas sur la charpente ou la flèche elle-même. Une bonne idée! Lors du sinistre, cette sorte de grille adossée aux murs a protégé la cathédrale, au lieu de contribuer à la chute de ses voûtes, comme l’a confirmé Philippe Villeneuve, l’architecte des Monuments historiques en charge de Notre-Dame.

Cordistes et écureuils

Démonter cet ensemble solidifié comme une masse par le feu se révèle une autre affaire. En janvier est arrivée une grue haute de 75 mètres. Il a fallu créer un nouvel échafaudage autour de l’ancien, avec deux ascenseurs. Des «cordistes», également qualifiés d’«écureuils», vont devoir faire descendre un à un les 40 000 tubes pesant ensemble 500 tonnes. Si l’ensemble paraît stable, il y aura tout de même des risques constants de chutes d’homme ou de matériel. D’où des poutres, une passerelle et des filets. Le tout mis au point par l’entreprise Jarnias, spécialisée dans ces travaux tenant du trapèze volant dans les cirques. Le tout devrait se faire en trois mois, mais rien ne paraît bien sûr.

Il y a en effet encore le problème du plomb! Une matière toxique. On sait qu’il en coulé des tonnes durant l’incendie. Chaque tube devra donc se voir sécurisé. Aucune particule ne doit venir infester l’église ou les environs. Un «surfondant» se verra utilisé pour ce faire. Tout cela prendra du temps. La belle cathédrale toute neuve prête pour 2024, plus personne n’y croit du coup en dépit de l’optimisme présidentiel.

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