Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le bulletin "Geneve. Art/News" existe. Le premier numéro vient de paraître. Je décortique

Cette publication bimensuelle entend être complète pour ce qui est des galeries, institutions et espaces d'art indépendants. Il y a en fait de gros manques. Il existait en plus déjà presque la même chose en mieux.

La galerie Skopia des Bains. Elle fait bien sûr partie des lieux cités.

Crédits: Skopia

Il a paru. Je l'ai reçu, de manière indirecte il est vrai. Le premier «Genève. Art/News» est sorti de presse. Ce numéro1 vaut pour janvier et février 2019, puisqu'il s'agit là d'un bimensuel. Cette grande feuille, qui ressemble dépliée à un set de table, remplace l'accordéon à couverture bleu foncé déjà sponsorisé par la banque Mirabaud (qui fête ses 200 ans en 2019). Ce set comporte cependant du texte sur les deux côtés. Le pile comme le face se révèlent d'ailleurs bien remplis. Il n'y a pas un millimètre carré de perdu par les graphistes Alex Dujet et Matteo Venet. La lisibilité en prend un méchant coup. On se demande comment empoigner la chose, et encore plus de quelle manière la consulter.

L'idée était d'associer là Art en Vieille Ville, Genève Art contemporain et Quartier des Bains. Tout en un, comme pour le couteau suisse. «Genève.Art/News» a comme «but de diffuser une information complète sur les activités des institutions, musées centre d'art, galeries et espaces indépendants» du canton. Il s'agit donc d'un recensement. L'un des côtés annonce donc les grandes manifestations, avec des photos. Il y a ce mois la BIM (ou Biennale de l'image mobile, si vous préférez), les Portes ouvertes 2019 de la HEAD, les Vernissages communs des Bains le 17 janvier et bien sûr Artgenève, qui s'ouvre au public le 31 du même mois. «The» événement. La page se voit complétée par une publicité, de Mirabaud comme par hasard, et une colonne formant calendrier. C'est là que les vrais problèmes commencent. Il y a des ronds rouges, verts et bleus sombres, avec des numéros renvoyant à des cartes écrits au milieu en noir. Je ne suis jamais arrivé à déchiffrer ces derniers, même en enlevant mes lunettes pour y voir de plus près.

Rouge, vert et bleu

De l'autre côté du papier, les mêmes rouges, verts et bleus reviennent afin de qualifier les galeries, les institutions et les espaces indépendant, proposés dans un ordre vaguement, mais pas absolument alphabétique. Le rouge symbolise la Vieille Ville, le vert le canton et le bleu les Bains. Ils forment ainsi une bande dans la marge gauche. Elle s'élargit quand le lieu cité participe à Artgenève, autrement dit quand il a atteint le Nirvana. Mais là aussi, je note des exceptions. Si je sais bien lire (et vous avez compris à quelle point la chose se révèle ici difficile), Quark et Patrick Cramer ont droit à une excroissance sans se retrouver pour autant à Palexpo fin janvier.

Tout ne monde figure-t-il au moins dans ce dépliant? Eh bien non! Je me suis amusé à faire un sondage. Parmi les galeries, je n'ai retrouvé ni Sonia Zannetacci, ni Ligne 13, ni Artvera's, ni Lionel Latham, ni Marianne Brand, ni certains lieux vendant une production que je qualifierai charitablement de commerciale. Les musées sont eux privés du MEG, de la Fondation Baur ou des Barbier-Mueller, ces deux derniers faisant pourtant partie d'Art en Vieille Ville. Il n'y a que deux endroits cités comme espaces indépendants, où Hard Hat aurait eu la place. Et je pourrais continuer.

Site complémentaire

Dans ces conditions, il me semble difficile de parler d'«information complète». Deux explications possibles. Ou bien l'inscription est payante, et il y a eu des refus (1). Ou il s'agit là d'une sélection non assumée. Je veux bien que le site www.geneve.art «communique plus précisément et en continu la programmation de chaque lieu». Mais je n'ai pas envie de vérifier à chaque fois s'il fait des repêchages.

La publication de cette feuille, soutenue par le Canton, me paraît d'autant plus superflue qu'il existait déjà, sous une forme plus claire et plus complète «L'art à Genève». Ce dépliant se trouve gratuitement un peu partout. Le numéro 168 devrait être disponible tout prochainement. Je vous ai parlé de ce bulletin il y a quelque temps. Je ne vais donc pas recommencer.

(1) J'ai posé la question à l'un des intéressés. Oui, on lui avait offert d'être inscrit contre finance.

N.B. J'ai tout de même appris ici une ou deux choses. D'abord, Art Bärtschi & Co se nomme depuis fin novembre Wilde, comme Oscar. Guy Bärtschi est apparemment sorti de la société. Ribordy n'est plus boulevard d'Yvoy mais rue de Monthoux, l'artère en voie de gentrification où se trouve déjà Genève Enchères. La maison s'appelle, depuis novembre également, Ribordy Thetaz. Mourgue d'Algue au boulevard d'Yvoy, répond aujourd'hui à l'appellation Truth and Consequences. Fluxum se retrouve enfin au 5, rue de la Muse. Que voulez-vous? Le monde change!

Certains liens directs pour aboutir à cette chronique ont été rétablis. Sans hélas que les anciens, qui se heurtent au vide, aient disparu. Mes mots clés sont désormais "etienne" "dumont" "bilan" sur Google. Chez moi du moins, ça marche!

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