Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LAUSANNE/Un musée du XXIe siècle pousse en ce moment à côté de la gare

Crédits: mage de synthèse/24 Heures

«Je resterai très factuelle», me souffle Chantal Prod'Hom avant d'aller prendre la parole au micro. Effectivement. Pour présenter au public du colloque sur les «Musées du XXIe siècle» le projet Plateforme10 lausannois, dont elle préside le conseil de direction, la responsable du Mudac (depuis 2000) va surtout donner des chiffres. Il faut dire que le bâtiment parle aujourd'hui de lui-même. «Depuis les photos que vous voyez sur l'écran, les murs ont grandi d'un étage. Tout va très vite une fois que les travaux ont vraiment commencé.» 

On va donc tout savoir sur Plateforme10, «un nom qu'un député vaudois veut aujourd'hui changer, alors que le mot possède l'avantage de se comprendre dans plusieurs langues». Je vous passe ici l'histoire, ou plutôt la préhistoire, du Musée des beaux-arts refusé en novembre 2010 par votation populaire à Bellerive. «Il fallait rapidement tirer la leçon de cet échec. Elle se situait au nouveau de l'implantation. On ne touche pas aux rives du lac.» Onze sites se sont alors vus proposés, «puisqu'il s'agit d'un musée cantonal, et non municipal.» La capitale avait envie de conserver l'institution. La tractation avec les CFF l'a emporté. Il s'agissait d'échanger des terrains. «Et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec une parcelle de 25 000 mètres carrés à côté de la gare. Un endroit d'autant plus parfait que celle-ci entame aujourd'hui d'énormes travaux pour l'amener à une capacité de 100 000 voyageurs par jour. Imaginez qu'un centième d'entre eux passe nous rendre visite...»

Echafaudage financier terminé 

Les deux hectares et demi ont permis d'envisager un regroupement en deux temps. Le Musée des beaux-arts, aujourd'hui en pleins travaux. Le Mudac par-dessus l'Elysée dans un second édifice, conçu en harmonie avec le premier par d'autres architectes. «Pour ce qui est des Beaux-arts, la combinaison financière est au point, tant auprès des autorités politiques que des sponsors privés. Le Municipal vient de confirmer sa participation, avec un vote unanimement favorable à deux voix près. La part des privés, qui se monte à 34 millions, est récoltée. Il faut dire que nous avons obtenu de gros dons. Une mécène nous offert dix millions. Une autre cinq.» Le MCB-a pourra donc ouvrir tranquillement ses portes en 2019. 

Reste le second morceau. Cent millions. Quarante de l'Etat. «La Ville n'a pas encore procédé à un son scrutin pour sa contribution. Vingt millions. Ce devrait être pour cet automne.» Il manque ici de l'argent privé. Seuls quinze millions ont été trouvés. Le projet avance, «mais il peut encore y avoir des oppositions. Le délai n'est pas tout à fait écoulé.» Chantal Prod'Hom préfère se montrer optimiste. «Nous espérons ouvrir le Mudac et l'Elysée, qui conserveront leurs noms, en 2021.»

Nouveaux occupants 

Et les anciens lieux? Eh bien le Palais de Rumine, qui abrite quatre autres musées et une bibliothèque, n'aura pas de mal a remplir des salles devenues disponibles. «On imagine des exposions communes, ou alors organisées à tour de rôle.» L'Elysée, qui servait partiellement au réceptions officielles, offrira la maison entière aux hôtes d'honneur, «mais il est clair que son parc restera public.» Il faut encore un locataire pour l'ex-Mudac, belle mison du XVIIe siècle à la disposition intérieure très contraignante. «Quelque candidats se profilent, dont le festival BDdfil qui aimerait un lieu permanent consacré à la bande dessinée. Il est de tout manière clair que le lieu demeurera voué à la culture.»

Photo (Image de synthèse/24 Heures): Le nouveau Musée cantonal des beaux-arts, qui sort aujourd'hui de terre.

Ce texte intercalaire suit immédiatement celui sur le colloque voué au "Musées du XXIe siècle".

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