Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LAUSANNE/Le Musée cantonal des beaux-arts nous livre son bilan 2016

Crédits: Musée cantonal des beaux-arts, Lausanne

C'est bien de le publier, mais tout le monde ne le fait pas. Le Mcb-a, ou Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, vient de faire sortir de presse son «Bulletin 2016». Il contient tous les renseignements (ou presque) que le citoyen est en droit d'attendre. On sait combien l'institution occupe de monde (24 personnes en tout seulement, avec des temps partiels), ce qu'elle fait, ce qu'elle achète et ce qu'elle reçoit. La «glasnost», quand on pense à l'opacité genevoise. Et ici, quand on parle du «futur du musée», il en existe au moins un! 

Les expositions («Accrochage Vaud 2016», «Tapisseries nomades», «Achrome, Piero Manzoni, la peinture sans couleurs», «August Strindberg, De la mer au cosmos») se voient analysées avec leurs réactions. Surtout les positives, du reste. Il s'agit tout de même de faire bonne impression. J'ai ainsi lu, à la sous-rubrique «Annaïk Lou Pitteloud, The Piece Outside», que «la réception du geste radical de l'artiste a été teintée d'incompréhension dans la presse généraliste.» J'avoue en faire partie. J'ai trouvé ça nul, et j'assume. Dans la vie, ma foi, c'est comme ça.

84 nouvelles acquisitions 

La partie la plus impressionnante est due aux accroissement d'une collection, qui a atteint 10 089 œuvres fin 2016, soit 84 de plus, après avoir franchi le seuil psychologique des 10 000 numéros fin 2015. Le Mcb-a a acquis 11 pièces, la Commission cantonale 8 autre d'artistes vaudois contemporains. Il y a eu 56 legs et 7 acquisitions par dation, ce mode de paiement successoral existant aussi dans le canton voisin. Sont ainsi entrés grâce à la direction une rare huile fin XVIIIe de Louis Abraham Ducros, un «Nu» misérabiliste de Francis Gruber daté 1944, un collage de Thomas Hirschhorn, un Olivier Mosset énorme (et tout rouge) comme une vaste toile du symboliste bâlois Hans Sandreuter. Je dirai juste, pour avoir la joie de commettre une indiscrétion, qu'un marchand parisien m'a assuré récemment n'avoir jamais vu un musée se décider et payer aussi vite. 

Je ne vais pas tout détailler. Mais la Fondation Balthus a offert trois toiles du maître, plus deux sculptures de jeunesse en bois, métal et tissus. Il y a en sus, par d'autres biais, des pièces d'Aloïse, la star de l'art brut, un ensemble de René Auberjonois ou un autre de dessins du Lausannois Genêt Mayor. Don de l'artiste, cette fois. Il se trouve enfin dans ce livret des chiffres de fréquentation, ce que Genève se garde bien de faire, en mettant tout dans le même sac. Ce n'est pas fabuleux, bien sûr, si l'on pense au délire Chtchoukine à Paris. Mais Manzoni a tout de même attiré 11 055 personnes et Strindberg 13 366. Un dernier mot va aux Amis du musée. Lausanne en compte désormais 551.

Photo (Musée cantonal des beaux-arts): La toile de Ducros. Une rateté dans l'oeuvre de ce grand aquarelliste.

Texte intercalaire.

 

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