Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LAUSANNE/Donation, mécénat. Plateforme10 est sur de bons rails

Crédits: Le Matin

Je vous parlais il y a quelques jours de Plateforme10 en compagnie de Chantal Prod'Hom, qui préside l'entité muséale en devenir. Les choses bougent décidément plus vite à Genève qu'à Lausanne. Les chiffres se retrouvent déjà bouleversés en ce qui concerne la collecte de fonds privés. Comme vous le savez peut-être déjà, Plateforme10 a trouvé trois nouveaux mécènes. Cela fait onze millions de plus dans la cagnotte, soit 26 millions en tout. Il n'en manque plus que quatorze, le Grand Conseil ayant voté son crédit de 51,7 millions en mai dernier (et il n'y a pas encore eu d'oppositions). Pascal Broulis, conseiller d'Etat vaudois en charge, se frotte les mains. «Il n'y a pas si longtemps, certains doutaient qu'on obtiendrait un seul franc du public.» 

Plateforme10 s'est par ailleurs doté d'un Conseil de fondation. Il se voit présidé par Anne-Catherine Lyon, ce qui peut sembler logique. La dame n'ayant pas été reconduite par son parti socialiste, elle aura du temps libre, alors qu'elle en avait déjà trouvé beaucoup pour s'occuper du bébé. Le Conseil accueille par ailleurs Bice Curiger, ex-Kunsthaus de Zurich et ex-Biennale de Venise, qui dirige aujourd'hui la Fondation Van Gogh d'Arles. Il y a aussi Marco Francioli, directeur du Musée d'art de la Suisse italienne à Lugano. Mais au Tessin également, les choses s'emballent. Je viens de recevoir un communiqué annonçant que le musée abrité par le LAC, ce nouveau centre culturel inauguré en septembre 2015, changeait de tête. Dès le 1er janvier 2018, Francioli se verra remplacé par Tobia Bezzola. Ce Tessinois d'origine a décroché un poste convoité par 70 candidats tant suisses qu'internationaux.

Une donation convoitée 

La principale annonce de la récente conférence de presse de Plateforme10 se révélait cependant d'ordre patrimonial. Elle touche l'Elysée. C'est le musée pour la photographie créé par Charles-Henri Favrod qui accueillera les archives de Sabine Weiss. Une donation qu'aurait sans doute bien aimé recevoir la France ou la Fondation Suisse de la photographie, logée au Fotomuseum de Winterthour. Il y a là 200 000 négatifs, 7000 planches-contacts, des tirages tardifs et 2000 diapositives. Le musée dirigé par Tatyana Franck devra faire vivre ce fonds. Mais ici la situation semble claire. Ce n'était pas le cas, sous le règne voulu flamboyant de Sam Stourdzé. On se souvient ainsi que le dépôt de René Burri restait pour le moins conditionnel, ce qui lui aurait valu de se voir refusé auparavant par le Fotomuseum. A l'Elysée toutes les contraintes. Au photographe, et maintenant à ses ayant-droits, tous les bénéfices. 

Mais qui est au fait Sabine Weiss? Je vous dis (presque) tout dans un article situé une case plus loin sur ce site.

N.B. Je m'aperçois que j'ai oublié de vous signaler que c'est Olivier Mosset, dont le MCB-a a récemment acquis un immense monochrome rouge, et le Français Xavvier Veilhan qui créeront l'oeuvre monumentale extérieure destinée au nouveau Musée cantonal des beaux-arts.

Photo (Le Matin): Anne-Catherine Lyon et Pascal Broulis sur le site de Plateforme10, avant la démolition de la halle aux locomotives.

Ce texte est immédiatement suivi d'un autre sur Sabine Weiss.

Prochaine chronique le samedi 16 juin. Mark Tobey à la Fondazione Guggenheim de Venise. Superbe!

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