Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Laurent Le Bon va présider le Centre Pompidou. Un professionnel enfin à la barre!

C'est la première fois depuis des décennies qu'un conservateur de patrimoine va présider l'institution parisienne. L'homme quitte pour cela le Musée Picasso.

Le portrait de Laurent Le Bon vu partout dans la presse.

Crédits: Pascal Ferro.

Comme vous vous intéressez aux mêmes choses que moi, vous le savez déjà sans doute. Laurent le Bon a été nommé le 25 juin à la tête du Centre Pompidou. La chose signifie qu’il va remplacer Serge Lasvignes et non Bernard Blistène, lui aussi «en partance» comme on dit dans les chemins de fer italiens. Il ne fera donc pas que superviser le musée. L’homme devra aussi s’occuper de la Bibliothèque et de l’IRCAM musical. Un gros travail, surtout quand on sait que Beaubourg va subir de nouveaux travaux. Les plus lourds depuis ceux de la fin des années 1990. Le bâtiment devrait fermer pour trois ans au moins. Au plus, on de précise pas. Autant dire qu’il faudra trouver des solutions pour maintenir le paquebot à flots!

Laurent est né à Neuilly-sur-Seine en 1969. Famille bourgeoise. Il a découvert l’art moderne avec Kandinsky en 1984. C’était au Centre, qui avait alors sept ans. Le jeune homme a fait simultanément des études sages et l’Ecole du Louvre. En 2000, il se retrouvait ainsi conservateur à Beaubourg, où il restera jusqu’en 2010. Le brillant sujet sera alors délégué à Metz, où naît l’antenne de la maison. Un musée sans collection propre, qu’il lui faut faire vivre par des animations. Le Bon organisera là des expositions capitales, dont je vous ai souvent parlé. Je citera juste «1917» et «Formes simples». Il en partira pour remettre sur pieds le Musée Picasso, bien mal en point sur le plan humain après le passage d’Anne Baldassari, virée. Lui succédera à Metz Emma Lavigne, aujourd’hui directrice du Palais de Tokyo.

Un suractif

Le Bon avait déjà essayé en duo avec Catherine Grenier, actuelle responsable à Paris de la Fondation Giacometti, de reprendre le musée du Centre, qui se verra finalement donné à Blistène. Le revoici dans les lieux, après avoir organisé sans doute un peu trop d’expositions Picasso en Europe. Quarante pour les quarante ans du musée, c’était vraiment beaucoup. Il s’agit cependant d’un suractif. Il semble avoir aujourd’hui trouvé sa place. Il y aura énormément à inventer pour une institution qui explose en plus comme une reine de beauté devenue obèse. Les collections du musée ont augmenté entre huit et dix fois depuis 1977. Qu’en faire? Où les mettre? Il leur faudrait au moins le bâtiment entier, alors que la place disponible n’a pas varié depuis quarante-quatre ans.

Si la nouvelle semble positive, Laurent Le Bon étant le premier conservateur du patrimoine coiffant Beaubourg depuis la mort de Dominique Bozo en 1993, elle présente tout de même ses défauts. Ils résident dans le côté «cursus honorum» que conserve la fonction publique française. Un jour ici. Le lendemain ailleurs, en ayant gravi une marche supplémentaire. Il faudra une nouvelle personne pour Picasso, comme le départ de Laurence des Cars pour le Louvre libère Orsay, dont elle venait à peine de se voir chargée. Comment assurer une continuité dans des conditions pareille, je vous le demande? Or la continuité, contrairement à ce que pensent aujourd’hui les agités du bocal, reste in-dis-pen-sa-ble.

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