Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

L'Ariana fait voter sur son site pour choisir des oeuvres présentées cet été

Pour une exposition de rechange, les amateurs ont une liste sur le site. Quatre catégories. Les huit pièces gagnantes figureront dans cet accrochage contemporain.

Symphonie en blanc, rouge et noir

Crédits: Ariana, Genève 2020.

Un clou chasse l’autre. Disons plutôt qu’il s’agit ici d’une solution de rechange. Cet été, le premier étage de l’Ariana devait abriter dans ses deux salles temporaires une exposition dédiée à Robert Slee et à son disciple Richard Dawson. Les deux potiers étant britanniques, ils se retrouvent aujourd’hui verrouillés à double tour sur leur île. «Nous ne voulions pas laisser l’espace vide en juillet et août», explique la conservatrice Anne-Claire Schumacher. Elle a donc pensé à une manifestation formée à partir des collections de céramiques des réserves. Le public se voit amené pour une fois à collaborer. Il peut dès aujourd’hui voter d’un clic.

Une "Négresse" de Pierrette Favarger. Le mot passait encore en 1995. Photo Ariana, Genève 2020.

«Ce n’est pas du populisme», se défend la commissaire. «Les amateurs doivent choisir sur notre site des pièces réparties dans quatre catégories. Il y en a dix noires, dix blanches, dix rouges et dix multicolores, mais il va de soi que j’ai pratiqué moi-même la pré-sélection.» Les deux œuvres arrivées en tête dans chaque discipline (les votants n’ayant lieu qu’à quatre fois une pièce) se verront encadrées par des créations les mettant en valeur. La chose peut sembler normale. On imagine mal le public descendant dans les réserves, surtout aujourd’hui. «Nous possédons environ 4000 céramiques relevant du contemporain, sur les 28 000 que nous conservons.» La date de départ est à l’Ariana 1945. Une précision qu’il semble bon de donner. Toutes les institutions ne suivent pas les mêmes critères. Certaines font commencer le contemporain en 1965. Les puristes en 1990. «Nous allons nous limiter cette fois aux créations de d’artistes potiers, en laissant de côté la production industrielle.» La frontière semble cependant parfois difficile à trancher.

Deux salles dont une noire et blanche

La première salle abritera le noir et le blanc. L’autre la couleur, avec la dominante rouge. L’ensemble sera visible dès le 30 juin pour rester en place jusqu’à l’automne. Il s’agira d’un accrochage gratuit. Pour entrer, pas de problèmes à mon avis. La jauge de l’immense bâtiment a été fixée à 200, personnel compris, alors que je n’ai jamais vu ici autant de monde ici sauf pour certains vernissages. Le sous-sol maintient par ailleurs ses «Folies de porcelaine», avec des Meissen de la première moité du XVIIIe siècle tirés des collections suisses.

Pratique

"Noir et blanc ou en couleurs", Musée de l'Ariana, dès le 30 juin. Le site maintenant. C’est http://institutions.ville-geneve.ch/fr/ariana/

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