Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

L'amphithéâtre de Volterra, en Toscane, sort littéralement de terre. Presque intact!

Sans doute ébranlé vers l'an 300 par un tremblement de terre, le monument a été enterré au Haut Moyen Age afin de former une petite zone agricole.

La zone fouillée vue d'avion.

Crédits: DR.

«Il Giornale dell’arte» en parlait sous la plume de Laura Lombardi dans son numéro du mois de mars. Un journal introuvable chez nous sous sa forme papier. La découverte archéologique est pourtant ancienne. Quant aux travaux de fouilles, ils ne se termineront qu’en 2022. A ce moment là, les personnes intéressées (et peut-être même des touristes) pourront voir l’amphithéâtre de Volterra, merveilleuse petite ville perchée sur une colline toscane. Une cité historique se battant depuis longtemps pour sa survie. Inexorablement, ses habitants la quittent pour aller chercher du travail ailleurs. Avec par beau temps une vue fabuleuse sur la plaine, nous sommes ici dans ce qu’on appelle en Italie «l’archipel». Autrement dit les régions déshéritées.

Or donc, en 2015 sont apparus, lors d’une campagne de fouilles préventives menées par la Surintendance Archéologie, Beaux-Arts et Paysage de Pise les restes d’un important bâtiment antique. Très important même, puisque cette construction ovale mesurait au jugé 65 mètres sur 82. Il a fallu trouver l’argent des travaux. Il a été fourni par la Région Toscane, qui a mis 250 000 euros sur la table. ArtBonus a fait l’appoint. Une somme par principe identique. On travaille ici avec les moyens du bord. Les travaux ont pu commencer sous la direction d’Elena Sorge. Ils sont assumés sous l’égide du CNR (Conseil national de la recherche), des universités de Florence et de Pise ainsi que de la Detroit Foundation. L’exécution pratique s’est vue confiée à la Cooperativa Archeologia. Il n’y avait qu’à creuser, le plus délicatement possible. La Commune a racheté de terrain, toujours pour 250 000 euros, à ses propriétaires en 2019.

Voûtes en bon état

Non loin du théâtre romain de Volterra, déblayé dès les années 1950 et aujourd’hui en usage l’été, se cachait donc un amphithéâtre. Son bon état de conservation a surpris les scientifiques. Les déambulatoires avaient en grande partie conservé leurs voûtes. Il subsistait aussi le corridor circulaire entourant l’arène. Presque intact. Il semble du coup probable que le monument ait été victime assez tôt, au III ou au IVe siècle de notre ère, d’un tremblement de terre. Il aurait alors connu l’abandon. Au Haut Moyen Age, il a bien servi de carrière. Mais assez brièvement. Le lieu a en effet été comblé de manière précoce afin de créer une zone agricole. L’amphithéâtre a donc été, au propre, enterré. Puis oublié. Et donc sauvé. Un rêve pour les archéologues. Il faudra maintenant rendre le monument public. Puis l’entretenir. Un nouveau souci pour Volterra, bardé de constructions médiévales importantes exigeant elles aussi des soins constants. Aux dernière nouvelles (2017) la cité, jadis étrusque, ne comptait plus que 10 410 habitants.

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