Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La tour construite par Frank Gehry à Arles sera (enfin) inaugurée le 26 juin prochain

Le colosse (56 mètres de haut) commandé par Maja Hoffmann pour la Fondation Luma se voit critiqué pour des raisons patrimoniales et écologiques.

La tour, à côté de l'entrée dans anciens ateliers SNCF.

Crédits: DR.

Ce sera le grand jour. Depuis le temps… Le 26 juin se verra inaugurée à Arles la fameuse tour construite par Frank Gehry pour LUMA. J’ignore si les invités seront masqués, ou non. Mais quel carnaval! Cela fait maintenant plus d’une décennie (seize ans, en fait) qu’on parle de cet énorme suppositoire recouvert de métal doré conçu par l’Américain Frank Gehry. C’est là le coûteux bébé de Maja Hoffmann, promue mécène visionnaire. La chose aura fini par lui coûter une somme hallucinante. Mais la dame dispose de gros moyens. Elle a de plus mis le maire communiste Hervé Schiavetti dans sa poche. Le cher homme ne jure plus que par elle. Alors tant pis pour l’Unesco qui a failli déclasser la ville d’Arles de sa Liste mondiale depuis 1981!

Fort peu écologique (pensez au verre, à l’acier au béton et surtout à la puissante clim’ nécessaire) pour une femme se targuant d’être proche de la nature, le bâtiment ne reste pas seul comme on le sait. Maja a fait transformer quatre halles appartenant jadis à la SNCF par Selldorf Architects. Il y a aussi des jardins (poussant sur un quasi désert) très tendance de Bas Smets. Jadis industriel, le site se veut aujourd’hui «high tech». Je vous ai raconté comment le lieu, magique dans sa décrépitude, avait perdu son charme à force d’avoir été «poutzé» (nettoyé) à la suisse-allemande. Il se veut tourné en 2021 non pas vers un passé industriel, mais face à un avenir radieux. Il suffit de lire le communiqué de presse. «Ici se rejoindront l’art, la culture, l’environnement (si si!), les droits humains, l’éducation et la recherche.» Avouez que la modestie ne constitue pas le fort de la LUMA!

Les Rencontres sur le balan

La tour suppositoire, que de mauvaises langues ont comparé à un phallus fatigué, et ses annexes seront normalement opératoires dès cet été. Il y aura là des galeries d’exposition, des laboratoires de projets, des lieux de séminaires et des archives. Impossible en revanche de dire si des «Rencontres» d’Arles proposeront non loin de là de la photographie à partir du 4 juillet. Le site Internet du festival dit bien sûr que oui.  Il promet même une semaine d’ouverture à tout casser, vu que l’édition 2020 a fini par se voir annulée. Qui vivra verra. Moi je penche, comme non loin de là pour le théâtre en Avignon, à un report à 2022. Pas 2023! Restons tout de même optimistes.

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