Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Rhénanie veut aider au sauvetage des vitraux médiévaux de Notre-Dame

Un peu d'argent. Beaucoup de savoir-faire. L'initiative est partie de Cologne. La ville conserve la plus célèbre cathédrale d'Allemagne, qui a survécu aux bombardements.

L'une des deux roses de Notre-Dame de Paris.

Crédits: Site de Notre-Dame de Paris.

Les Allemands volent au secours des Français. C’est l’Europe d’aujourd’hui, pour autant qu’il en reste quelque chose. Je vous parle toujours de Notre-Dame de Paris. La Rhénanie du Nord, le ministère de la Culture et l’antenne nationale de l’Unesco, représentées respectivement par Armin Laschet, Maria Böhmer et Monika Grütters, ont une cagnotte à offrir. Oh, elle ne représente pas grand-chose par rapport aux centaines de millions alignés par François Pinault et Bernard Arnaud! Il s’agit de 450 000 euros. Une aumône au tarif actuel.

Il y a cependant mieux. Cette aide est destinée aux vitraux de Notre-Dame, comme l’expliquait jeudi «Le Figaro». Des verrières médiévales restaurées au XIXe siècle, dont deux spectaculaires roses. Le genre d’objets pour lequel l’Allemagne possède un savoir-faire inégalé. Trois ateliers sont à même de s’occuper de certains traitements délicats. Ils pourront apporter leur expertise technique, sans pour autant froisser la fierté française qui va parfois se nicher dans des coins obscurs. Ce sera «la qualité allemande au service du patrimoine français». Je cite. Le genre de slogan ne faisant que des heureux. Je suis sûr que Stéphane Bern, qui vient de donner un excellent entretien au «Temps» (il faut parfois soutenir la concurrence), se formalisera de cette main-mise germanique. Pour lui, comme aurait dit ma grand’mère, «tout ce qui rentre fait ventre.»

La façade de la Domkirche de Cologne. Photo AFP.

Ce n’est pas un hasard si l’initiative est partie de Cologne. C’est là que se trouve la plus célèbre cathédrale du pays. Celle qui a scellé l’unité nationale retrouvée au XIXe siècle, où le chantier s’est vu repris par souscription après des siècles d’arrêt (il n’y a en fait que de gros morceaux médiévaux). Celle aussi qui a résisté au pilonnement intensif des bombes alliées entre 1943 et 1945. A l’Armistice de mai 45, l’édifice restait debout, alors qu’il ne subsistait plus un mur intact aux alentours. Aujourd’hui, la Domkirche aurait cependant besoin d’un bon nettoyage. Elle est noire comme du charbon. Allez quand même y faire un tour. Une chapelle latérale abrite le triptyque réalisé vers 1440 par le peintre Stefan Lochner. Il s’agit là d’un sommet de la création allemande du XVe siècle.

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