Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La revue "Beaux-arts" publie un numéro fantôme. Rien n'aura en fait lieu

Tout a été très vite. Le 13 janvier, les musées parisiens restaient ouverts. Les nombreux nouveaux lieu annoncés attendront. Les expositions se cherchent un avenir.

"James Tissot, L'ambigu moderne" n'ouvrira pas à Orsay.

Crédits: DR.

L’impression est étrange. Je viens de lire une revue fantôme. Je m’explique. Comme chaque mois, «Beaux-Arts Magazine» est tombé dans ma boîte aux lettres. Il arrive toujours autour du 20. La conception du numéro d'avril a dû se faire à la fin janvier. Une rédaction travaille très à l’avance dans les mensuels. Devaient s’y voir dévoilés en avant-première tous les événements (avant tout français) du mois,plus un aperçu du printemps, voire de l’été. Tout cela s’est retrouvé chamboulé en quelques heures. Le vendredi 12 mars, les musées parisiens demeuraient encore ouverts.

Commençons par le supplément, commandité par le Musée d’Orsay. «James Tissot, L’ambigu moderne» ne s’ouvrira bien sûr pas le 24 mars. Organisée en tandem avec San-Francisco, où la rétrospective a déjà été présentée cet hiver, cette manifestation n’aura peut-être tout simplement jamais lieu. J’ai pourtant vu des ouvriers s’y activer mardi dernier. Les prêts consentis pour rendre hommage à cet artiste franco-anglais sont nombreux. Un Tissot vaut cher. J’ignore quel est l’accord avec les assurances. Mais il est possible que tout reparte chez les propriétaires. Dommage pour l’artiste. Dommage pour le public, surtout. Tissot me semble un peintre très intéressant avec son mélange de conformisme et de mondanité avec de réelles audaces picturales, notamment dans la déformation des perspectives.

Ni Galliera, ni Victor Hugo, ni Pinault

Le reste, dans la revue elle-même, se révèle à l’unisson. Londres ne vernira pas son Artemisia Gentileschi le 4 avril. Là, même problème avec la multiplicité des prêteurs. Idem pour Cindy Sherman, prévue pur le 2 avril chez Louis Vuitton, qui pourra en revanche selon moi se voir reporté. La photo est un multiple. Sinon, il y aura au moins le bon entretien avec l’Américaine de publié. Je vous ai déjà dis que la Fondation Pinault a annoncé le report de son ouverture dans l’ex-Bourse du Commerce. Carnavalet ne sera pas accessible le 3 juin, à moins d’un miracle dont nous avons tous besoin. La réouverture de la Maison de Victor Hugo début juin me semble bien compromise. L’inauguration de l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, en juillet devrait même se voir retardée. L’Hôtel devrait notamment servir d’écrin aux collections Al-Thani. Une évidente concession financière et politique. C’est bien entendu râpé pour le Palais Galliera, dont l’extension souterraine pour les collections permanentes de mode devait se dévoiler le 4 avril.

L'Hôtel de la Marine avant les travaux. Photo DR.

On devra aussi renvoyer à des temps meilleurs le vernissage de la Samaritaine, devenue un temple du luxe selon LVMH. La chose aurait du se passer courant mai. Je vous reparlerai tout bientôt de La Samaritaine, où le social sert aujourd’hui d’alibi à l’exhibition du fric.

Cernuschi in extremis

Que reste-t-il comme événements dont je peux vous parler de visu? Eh bien, au moins deux. La première, c’est la nouvelle version du Musée Cernuschi, dédié à l’Extrême-Orient. La seconde la carte blanche à Ulla von Brandenburg au Palais de Tokyo. Cernuschi ne va pas bouger ces prochains temps. Il dort pour le moment. J’aime bien le travail d’Ulla. Il s’agit d’en laisse une trace. Après tout, j’y suis allé à temps!

Pratique

«Beaux-Arts Magazine», avril, 156 pages.

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