Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La photographe Béatrice Helg revient à Genève chez Sonia Zannettacci

L'artiste présente chez la galeriste quelques pièces anciennes et beaucoup de créations nouvelles. Elles vont dans le sens d'une épuration et d'une simplification.

L'une des "Résonance(s)". Version argentée.

Crédits: Béatrice Helg

C'est le retour de l'enfant prodigue. Enfin presque. Béatrice Helg a beau exposer dans le monde entier, elle peut bien séduire aujourd'hui les Chinois après les Américains, elle n'en restait pas moins invisible à Genève. Aucune grande présentation depuis la fermeture de la galerie fondée par Jan Krugier, mort il y a déjà onze ans. On n'avait de la photographe que des nouvelles éparses, et généralement exotiques. Notez que les dernières ne venaient cette fois pas de bien loin. Le 31 octobre, l'Elysée vernissait, comme on dit maintenant aussi pour un livre, le gros ouvrage consacré à l'artiste. Un luxueux pavé, paru aux 5 Continents, comprenant des textes aussi bien de Bob Wilson que de Sylviane Dupuis.

Et puis voilà que Béatrice Helg se retrouve depuis le 21 novembre chez Sonia Zannettacci! Une présentation contenant certes des tirages un peu attendus. Il faut bien rappeler un parcours. Le passé. Mais il y a surtout aux murs des pièces nouvelles, proposées en grands formats. C'est l'occasion de mesurer le chemin parcouru, même si l'artiste donne parfois l'impression de faire du sur-place. La Genevoise est allée dans le sens d'une simplification. D'une épuration. D'une abstraction. Celle qui se voit parfois définie comme «conceptuelle» semble du coup changer de registre. Ses petits théâtres, faits de matières métalliques, tenaient jadis de l'architecture ou de la sculpture. Les nouvelles œuvres, en général qualifiées de «Résonance», renvoient elles à la peinture. Le spectateur a l'impression d'un tableau qui présenterait un très léger relief.

Un extraordinaire savoir-faire

Le résultat a gagné en force. Bien sûr, les sceptiques parleront toujours d'un art semblant destiné aux banques et aux assurances. Béatrice Helg a du reste fait carrière en dehors des musées, qui semblent aujourd'hui devenus des débouchés comme les autres. Mais il y a là, à cause ou en dépit d'un extraordinaire savoir-faire, une réelle présence. C'est une photographie qui nous parle, même si chacun doit décider pour lui-même ce qu'elle lui dit. L'accumulation en galerie ne gène pas, ce qui constitue un critère. L'effet de masse se révèle ici positif. Béatrice Helg ne fait pas d'ombre à elle-même. Elle s'impose comme une évidence. Classiquement vôtre.

Pratique

«Béatrice Helg», galerie Sonia Zannettacci, 4 rue Henry-Fazy, Genève, jusqu'au 15 février 2020. Tél. 022, 31 95 75, site www.zannettacci.com Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 19h, le samedi de 11h à 17h.

Béatrice Helg. Photo tirée du site de l'artiste.

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