Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La nouvelle foire "Ex" compte fédérer les arts et le luxe à Paris en novembre prochain

Ce qui reste de la Biennale des antiquaires se retrouverait ainsi au Grand Palais éphémère en compagnie de grandes marques, de bijoutiers et tutti quanti...

Mathias Ary-Jan au Grand Palais.

Crédits: Didier Plowy, Syndicat national des antiquaires.

Oh la la… Je vous ai dit, il y a quelques jours, que la Biennale des Antiquaires de Paris était morte sans être morte. Elle se trouvait donc dans le même état que les films de Série B multipliant les zombies. La manifestation défunte devait en effet lier le sort de son cadavre à une nouvelle manifestation de prestige à créer.

Eh bien c’est fait! Par la voix (et la voie) d’une agence de presse, «Ex» vient d’annoncer sa naissance. Cette nouvelle foire devrait connaître sa première édition du 27 novembre au 5 décembre. Elle se déroulerait dans le Grand Palais éphémère construit par Jean-Michel Wilmotte au pied de la Tour Eiffel. L’idée de la chose revient à Alex Cassin, sur lequel je ne sais pas grand-chose. Un monsieur venu de «l’événementiel». La partie beaux-arts y est apportée par Mathias Ary-Jan, vice-président de la Société des Antiquaires (SNA). Le responsable de la catastrophique édition de la Biennale du Grand Palais en 2019. Le tout se voit supporté par l’Arts and Crafts Foundation et la société Manufactura.

Un brouillard de mots

Le titre peut sembler peu engageant. «Ex», c’est un peu comme ex-Biennale. Apparemment pas! Si j’en crois un communiqué de presse particulièrement verbeux, où les grands mots ne font pas peur, «Ex» doit évoquer «l’exposition, l’excellence, l’expertise, l’exigence, l’expression, l’expérimentation». Et j’en passe. Ce salon, qui favorisera «la transversalité, l’interdisciplinarité et la haute facture» (et non les factures trop hautes!), mêlera en effet l’art, le design, le luxe et l’artisanat de haut niveau. Il s’adressera aux gens difficiles. Un mot que l’on peut traduire par «riches». D’où un probable retour des grands bijoutiers. Cette «mixité d’expression de grande qualité» se verra enfin présentée «dans une scénographie lisible et généreuse». Verbiage… verbiage… verbiage. Tout cela n’engage à rien. Cela révèle juste qu’on vit encore ici dans les gloires passées. «Ex» se verra «basé sur un modèle culturel français qui rayonne plus que jamais à travers le monde». On se croirait vraiment au temps du Roi Soleil!

La chose n’exclut pas les problèmes graves de notre temps. La foire se veut ISO 20121. Comprenez par là que tous les éléments composant sa mise en scène, et ce «jusqu’aux bio-déchets», seront traçables. Visiteurs et acheteurs auront ainsi «un imaginaire personnel et responsable». Moi je veux bien. Le mieux aurait été cependant selon moi de ne pas caresser une idée aussi baroque. «Ex» me semble finalement proche de «Sublime», cette foire annoncée il y a quelques années par les dissidents de la Biennale des Antiquaires sur l’Esplanade des Invalides. «Sublime» n’a jamais eu lieu, sans qu’il y ait besoin de pandémie pour cela.

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