Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Norvège déterre un drakkar enterré avec un chef viking sous un tumulus

Ce genre d'embarcations est devenu très rare. Le dernier bateau de ce type a été mis au jour en 1904. Les travaux des archéologues dureront au moins cinq mois.

Le bateau dans son environnement. Image de synthèse.

Crédits: NIKU, Oslo 2020.

L’archéologie fait toujours rêver. Surtout quand on trouve une épave, comme la chose arrive tant avec des jonques chinoises quasi millénaires, chargées de céramiques d’exportation, que des barques romaines. Pensez au Musée de l’Arles antique! Il a presque doublé de surface il y a quelques années pour abriter un immense bateau de ce type trouvé dans le Rhône!

Il reste évidemment plus rare de trouver une nef sous terre. C’est pourtant bien ce qui est arrivé à Gjellestad, en Norvège. Un radar à pénétration au sol a permis d’identifier en 2028 un drakkar viking. Oh, il n’était pas fiché bien profond dans le sol! Environ cinquante centimètres. L’embarcation occupait en effet une place de choix dans une tombe à tumulus. La tradition voulait, entre le VIIIe et le XIe siècle, à l'époque où les Scandinaves terrorisaient l’Europe par leurs raids vers le Sud, que les chefs se voient enterrés avec leur bateau. Un symbole à la fois religieux et politique.

Archéologie de sauvetage

Très peu de drakkars ont été retrouvés. Trois en tout. Ils sont aujourd’hui conservés dans un musée d’Oslo. Le dernier exhumé l’avait été en 1904 à Oseberg. C’est dire la curiosité qui a entouré la découverte actuelle. Il a ainsi été décidé de procéder à une délicate fouille, devant durer cinq mois. Et cela même si on sait le bois plus que vermoulu. Au bord de la décomposition. Il s’agit presque là d’archéologie de sauvetage.

«Avec si peu de bateaux mis au jour, celui-ci offre un grand impact pour la compréhension non seulement de sa construction, mais d'une période historique dans son ensemble», a déclaré Knut Paasch du NIKU, ou Institut norvégien pour la recherche sur le patrimoine culturel. Le chantier s’est vu du coup ouvert il y a quelques jours par le ministre de l’environnement. L’événement a comme de juste été photographié, filmé et diffusé. «Viking» constitue un mot magique. En 2014, le Bristish Museum de Londres avait d’ailleurs consacré une vaste exposition, pour le moins fréquentée, à ces peuples du Nord. Ils restent aujourd’hui bien ancrés dans la mémoire collective au bout de mille ans.

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