Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Grande-Bretagne coupe la moitié des crédits allant à l'éducation artistique

La somme allouée aux universités et collèges passe de 36 à 19 millions de livres. Mieux vaut encourager les branches utiles à l'industrie et à l'Etat.

Gavin Williamson.

Crédits: AFP.

Tiens! J’ai lu cela dans la presse anglaise. La nouvelle n’a rien de réjouissant. La Grande-Bretagne va couper près de la moitié des financements étatiques accordés aux collèges et universités pour l’enseignement artistique, ou de manière générale culturel. La décision était pendante après un début d’année qui avait bien commencé avec une légère augmentation des dotations. Le secrétaire d’État à l’Education Gavin Williamson est en effet parti en guerre contre ces dépenses inutiles. Cet homme de 45 ans ne vise qu’à l’efficacité. La rentabilité. Il a parlé pour les matières incriminées de «hauts coûts» avec un résultat jugé dérisoire, alors que le prix des sciences, de la médecine, de la technologie, des mathématiques et de l’ingénierie lui semble hautement profitable. Il faut selon lui former des gens qui seront utiles à l’industrie et au pays. L’argent économisé sera donc versé aux branches ayant le vent en poupe.

Les sommes ne sont pas colossales au pays du privé. La subvention à la culture universitaire passera ainsi de 36 à 19 millions de livres, cette dernière ayant considérablement baissé de valeur au fil du temps. Bien entendu, il y a eu des protestations, avant que le couperet gouvernemental tombe le 20 juillet. Williamson avait laissé croire qu’il écouterait les intéressés, autrement dit les enseignants et les étudiants. Il est parvenu ainsi à l’Office of Students 166 000 messages de désaccord. Il faut dire que la mesure alors simplement envisagée touche de plein fouet la danse, le théâtre, les arts performatifs, la critique des médias, le design et l’archéologie. Des disciplines dans lesquelles les Britanniques ont toujours été très remarqués.

Attaque frontale

Aujourd’hui, le geste de Gavin Williamson (qui fait donc partie du cabinet formé par Boris Johnson) laisse bien des gens amers. A commencer par Jo Grady, secrétaire général de l’Office of Students. «De mémoire humaine, il s’agit là de la pire attaque frontale qu’ait eu à subit certaines branches. Celles-ci deviendront très difficiles d’accès pour les élèves les moins fortunés.». Williamson, lui, estime suivre le bon chemin. «Ces changements vont aider à consolider des enseignements utiles à des industries clefs. Ils reflètent les priorités qui ont émergé à la lumière de la pandémie actuelle.» Le moins qu’on puisse dire que cette dernière aura terriblement été instrumentalisée de par le monde depuis mars 2020...

P.S. Williamson s'était aussi attaqué à la "cancel culture", qui gangrène les institutions universitaires. Une "cancel culture" qui, selon la même Jo Brady n'existe tout simplement pas. 

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