Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La galerie Pace confie tous ses espaces genevois à Nathalie du Pasquier. Hautement décoratif!

Designer devenu peintre, la Française d'Italie propose ses toiles dans un décor éphémère réalisé pour l'occasion. La couleur réchauffe un espace terriblement froid.

L'ensemble conçu par l'artiste pour Genève.

Crédits: Pace Gallery, Genève 2020.

Je vous ai parlé d’elle une première fois en 2018. Nathalie du Pasquier avait trouvé logiquement sa place dans l’exposition consacrée par le Palazzo Franchetti de Venise à Memphis. Elle fut en effet dans les années 1980 l’unique femme de ce mouvement, qui réforma alors pour quelques années le mobilier italien. Il faut dire que la Bordelaise, née en 1957, s’était installée en 1979 à Milan. Les visiteurs voyaient surtout d’elle au Franchetti des tapis. Plus récemment, en 2019, je vous ai à nouveau cité son nom à propos du panorama que le palais de Tokyo avait consacré à la scène nationale. L’artiste bénéficiait de tout un espace recomposé par ses soins dans l’un des nombreux sous-sols.

La dame se retrouve aujourd’hui à la galerie Pace (prononcez pèsse») de Genève, qui lui accordé l’ensemble de ses locaux du quai des Bergues. Nathalie en a profité pour créer une œuvre d’art totale. Ses tableaux, puisqu’elle s’est sérieusement mise à la peinture en1987, se retrouvent bien sûr aux murs. Mais ceux-ci se sont vus partiellement recouverts de bandes de couleurs franches. Du rouge. Du vert. Du brun. Un peu de rose aussi. Il y a donc tout un décor en aplats dont une partie, en face de l’entrée, suggère une table au dessus de laquelle serait accrochée une toile. C’est très original, même si la chose se révèle un peu «à la manière de». Il est en effet  permis de penser à certains grands ancêtres du design comme le Néerlandais Gerritt Thomas Rietveld. Ou alors aux fresques conçues dans les années 1920 pour l’Aubette de Strasbourg par Jean et Sophie Taeuber-Arp. Comme dans les peintures de Nathalie, il y a là un purisme assumé. Des formes simples. Un sujet au bord de l’abstraction.

Des jeux géométriques. Photo Pace Gallery, Genève 2020.

Le tout apparaît bien venu, surtout dans une institution aussi sévère que Pace, du moins dans sa formule genevoise. La couleur pétaradante réveille des lieux jusqu’ici blancs comme la mort. Je me souviens qu’au moment de l’ouverture, consacrée à des plasticiens minimaux, j’avais cru que la galerie restait encore en chantier. Il avait fallu la belle rétrospective ici consacrée par Pace au photographe Richard Avedon pour que je réalise pleinement ma méprise…

Pratique

«Nathalie du Pasquier, The Strange Order of Things 2», Galerie Pace, 15-17, quai des Bergues, Genève, jusqu’au 6 mars. Tél. 022 900 16 50, sit ewww.pacegallery.com Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h.

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