Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La galerie genevoise Bärtschi Art & Cie devient Wilde et s'étend en Suisse alémanique

L'espace de la rue du Vieux-Billard a été remodelé. Il accueille aujourd'hui Omar Ba. le 9 février, Wilde ouvre une succursale à Bâle. Plus tard, il y aura une troisième enseigne à Zurich

Crédits: Pierre Albouy, Tribune de Genève

Changement de nom. Modification des lieux. Extension(s) en Suisse alémanique. On ne reconnaît plus Bärtschi Art & Cie. Du reste la maison a disparu en tant que telle. Il faut désormais parler de Wilde, comme Oscar. C'est sous cette nouvelle raison sociale que la galerie genevoise de la rue du Vieux-Billard propose aujourd'hui Omar Ba. Avec ce dernier, on reste au moins en pays de connaissance. Le Sénégalais de Genève, que j'ai récemment vu jusqu'à la Fondation Cartier de Paris, était l'une des découvertes de Guy Bärtschi au temps où ce dernier exposait route des Jeunes.

A vrai dire, les principaux ingrédients demeurent les mêmes. La galerie genevoise, qui occupe aujourd'hui dix personnes, «et nous passerons sans doute à douze», était déjà dans les mains de Barth. Un monsieur que j'ai connu sous le nom de Barthélémy Pralong, et qui se nomme depuis son mariage Barth Johnson du nom de sa femme, effectivement apparentée à Oscar Wilde. L'espace a juste été remanié cet été, avec un corridor reliant désormais les deux arcades. «Guy s'est retiré pour s'adonner au yoga, qui constitue pour une quête poursuivie partiellement en Inde, beaucoup en Espagne et un peu à Genève.» Autant dire que les questions logistiques l'intéressent aujourd'hui peu. «Ce qui lui tient à cœur, c'est de garder des contacts amicaux avec les artistes.»

Not Vital, pour commencer

En quittant la rue du Vieux-Billard, où il occupait un immense rez-de-chaussée avec sous-sol, Guy s'était une première fois retiré. «Nous n'avons fait aucune foire entre 2011 et 2014.» C'était un choix. Difficile à assumer de nos jours. Puis la vie avait repris, avec un pied route des Jeunes et l'autre rue du Vieux-Billard, dans un nouveau lieu plus petit. Après être rentré en 2015 dans un circuit de foires commençant fin janvier avec Artgenève, le Wilde piloté par Barth s'apprête maintenant à avoir quatre pattes. «Nous ouvrons une galerie à Bâle.» Ce sera au 37, Angensteinstrasse, dans un bâtiment remodelé par Andrée Putman pour les montres Ebel. Inauguration le 9 février avec Not Vital. Un habitué de longue date des différents locaux occupés par Bärtschi.

Ce n'est donc pas tout. Barth doit installer Wilde à Zurich. «Nous avons trouvé un endroit dont je ne peux pas encore vous donner l'adresse. Les papiers ne sont pas signés.» L'optique se révélera ici différente. Il s'agira certes d'une galerie ayant pignon sur rue. Mais celle-ci restera vouée au second marché. Autrement dit aux œuvres ayant déjà connu un propriétaire, qui la remet aujourd’hui en vente. L'accrochage se concentrera certes dans le contemporain, «mais en remontant jusqu'aux années 1960.» Ce sera en quelque sorte un «second hand» de très grand luxe. Avec des principes. «Nous ne prendrons pas d’œuvres d'artistes liés aux galeries locales.» Wilde n'est pas là pour casser le marché. Mais pourquoi la Suisse alémanique, au juste? «Nous nous sommes jusqu'ici concentrés sur les pays francophones et latins, en négligeant le Nord. Et puis Bâle et Zurich nous permettent d'opérer sans changer continuellement de pays, de monnaie et de législation.»

Art/Basel,un jour...

Et Art/Basel, dans ces conditions? Je me souviens que la foire des foires demeurait l'obsession de Guy Bärtschi qui, pour des raisons que la raison ignore, n'y avait jamais été admis. «En tout cas pas cette année. Peut-être en 2021 ou 2022.» En 2019, il y aura d'abord Artgenève. Puis ARCO à Madrid courant février. «Pour la suite, nous attendons encore des réponses.» Chaque chose en son temps.

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