Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Galerie C de Neuchâtel fait le grand saut. Elle va ouvrir une antenne à Paris

Fondée en 2011, la galerie a déjà multiplié les "hors les murs". Elle tente maintenant l'aventure internationale en installant un petit "project space" dans le Marais.

Dans la Galerie C de Neuchâtel.

Crédits: Galerie C, Neuchâtel 2020.

La Galerie C de Neuchâtel sort de son point d’ancrage. Notez qu’elle en a pris l’habitude. Depuis plusieurs années, elle a multiplié les «hors les murs» en Suisse comme en France. C’était encore tout récemment avec Augustin Rebetez ou Matthieu Gafsou. Cette fois, le lieu créé par Christian Egger en 2011 au 1A de l’esplanade Léopold-Robert, sous le Musée d’art et d’histoire, va plus loin sans pourtant changer de point de chute. Une seconde Galerie C va naître à Paris. Un événement rarissime. Peu de marchands romands trouvent le courage de se lancer. Il y a cependant eu le Genevois Patrick Gutknecht, rue Charlot. On ne peut pas dire ensuite que 2020 semble la bonne année pour se jeter à l'eau sans se noyer. Mais nul ne pouvait pas le savoir il y a quelques mois. Les augures veulent aujourd'hui que la crise sanitaire actuelle induise prochainement la disparition de 30 pour-cent de ce type de commerce...

Christian Egger, par qui tout a commencé. Photo Galerie C, Neuchâtel 2020.

L’établissement parisien restera nettement plus petit que celui de Neuchâtel. Alors que ce dernier occupe 400 mètres carrés, ce qui semble énorme pour une galerie, il n’y aura que 50 mètres au 6, rue Chapon, dans le IIIe arrondissement. Il s’agira du coup d’un «project space». Comme le dit en jargonnant un peu le communiqué de presse, «émissaire de la galerie historique (1), cette implantation sera avant tout l’opportunité d’offrir à nos artistes une visibilité au sein d’un écosystème de l’art reconnu à l’international.» Il faut dire que nous sommes dans le Marais, où logent de nombreux endroits similaires, d’où des synergies possibles. La Galerie C sera située dans une petite artère prise entre les rues Beaubourg et du Temple. Elle se retrouvera du coup proche de plusieurs confrères et consœurs, dont la très cotée de Claudine Papillon, au nom admirable.

Valérie Favre pour commencer

Qui ouvrira les feux le 5 septembre? L’équipe dirigée par Christian Egger (avec Morgane Paillard et Tom Masson) a retenu Valérie Favre. Un nom connu. Née en 1959, la Suissesse travaille aujourd’hui à Berlin, où elle occupe la chaire de peinture à l’Université des arts depuis 2006. Les Romands ont pu voir sa grande rétrospective en 2018. Elle se tenait comme par hasard au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel. L’artiste voit généralement très grand. Il lui faudra cette fois prévoir plus intime.

Il n’y a plus qu’à souhaiter bonne chance à l’équipe. Paris n’est pas une ville facile. Notez que Neuchâtel non plus, même s’il s’agit du fief reconnu de François Ditesheim et de Patrick Maffei.

(1) «Historique» au bout de neuf ans, donc...

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