Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La galerie Artvera's de Genève propose à nouveau des artistes coréens contemporains

Après "Korean Spirit I", "Korean Spirit II". L'exposition reprend certains créateurs et en introduit d'autres au public suisse. Toutes les tendances se voient représentées.

La jarre dessinée sur la jarre. Une pièce de Ju Sekyun.

Crédits: Ju Sekyun, galerie Artvera's, Genève 2019.

«Korean's Spirit II». Le retour. Comme le cinéma, l'art contemporain connaît ses «sequels». Ce qui a trouvé son public se voit reconduit. La galerie Artvera's de Genève a connu un vrai succès avec sa première présentation d'artistes coréens du Sud. Ils étaient de toutes tendances et de toutes générations. Les visiteurs, qui en ont eu un aperçu lors du récent Artgenève, retrouvent donc plusieurs plasticiens de la première version dans la deuxième. Il y en a cependant d'autres, d'où une indispensable impression de renouveau. Du reste, quand je regarde les dates de naissance, j'observe que les actuels peintres présentés (il y a aussi quelques sculpteurs) sont en moyenne plus jeunes.

Qui sont-ils et que font-ils? Tout est dit dans le catalogue, bien sûr paru en anglais. Dans sa préface, ou plutôt son «Foreword», Sofia Komorova-Bolshanina, la directrice d'Artvera's, note que l'ensemble des plasticiens retenus «ont une approche de l'art qui peut se voir comparée à une méditation.» Voilà qui peut surprendre! Si la Corée fait partie des pays extrême-orientaux, c'est aussi celui où la technologie a le plus envahi la vie quotidienne, au point que le virtuel s'y distingue mal du réel. Notons que, pour suivre Sofia, «la place de l'individu dans la société, les relations humaines et la dualité entre la nature et la civilisation font partie des thèmes explorés par les participants de cette exposition.»

Des murs et des oiseaux

Que retenir de cette «collective»? Des choses qui ne se voient pas de prime abord. Né en 1965, Kim Dong Yoo peint ainsi des Marylin. Vous penserez bien sûr aux multiples de Warhol. Il y a un peu de ça, mais le visage de la star est réalisé avec des petits Kennedy dorés. «Et chacun d'eux se voit réalisé à la main, ce qui prend à Kim un temps fou», précise dans la galerie Sofia Komorova. Kim Kang Yong, qui est de 1950, réalise d'étonnants trompe-l’œil. Ils suggèrent des murs au bord de l'écroulement, et j'ai bien failli me laisser prendre en regardant l'une de ses compositions. Kwon Yong Rae colore, entièrement ou partiellement, de petites pastilles transparentes, placées en perpendiculaire sur une toile blanche. La lumière crée des motifs abstraits. Min Byung Hun produit des photos de nature dans les gris dont le motif se discerne à peine. Je rappelle que Jung Hai Yun se concentre lui sur les oiseaux. C'était déjà une vedette de «Korean Spirit I».

«L'exposition dure depuis la fin de l'an dernier. Elle se poursuit jusqu'au début mars», précise Sofia Komorova. Tout ne se trouve donc plus aux murs. Rien n'est venu boucher les trous. C'est bon signe. La plupart des auteurs proposés ici sont des méditatifs, et donc des lents. Nous n'en sommes pas à la production en masse, comme souvent en Chine. Né en 1980, Ju Sekyun donne ainsi des céramiques qu'il couvre des dessins, puis recuit. Il reprend volontiers la forme de la «moonjar» traditionnelle, réalisée en deux parties assemblées. Un risque permanent. «En dépit des progrès techniques des fours, il arrive souvent qu'une de ces poteries s'effondre à la cuisson.»

Pratique

«Korean's Spirit II», Artvera's, 1, rue Etienne-Dumont, Genève, jusqu'au 2 mars. Tél. 022 311 05 53,site www.artveras.ch Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 18h, le samedi de 11h à 17h.

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