Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Fondation Beyeler de Bâle reporte sa grande rétrospective "Goya" au 10 octobre 2021

L'exposition devait débuter cet automne. Le projet féminin "Close Up" se voit pour sa part ajourné sine die. Que va-t-il se passer dans un musée aux très riches collections?

"Le sabbat des sorcières de Goya", qui servait de publicité pour l'exposition.

Crédits: Fondation Beyeler, Bâle 2020.

Ouille, ouille, ouille! Aïe, aïe, aïe! Oï, oï, oï! Je me suis trompé. Enfin non. Pas tout à fait. Une lectrice vient de me signaler la disparition du «Goya» de la Fondation Beyeler. Ou plutôt son report. La rétrospective montée en collaboration avec l’Espagne, que j’avais annoncé encore récemment comme pour octobre 2020, se voit renvoyée au 10 octobre 2021, les visites étant possibles jusqu’au 23 janvier 2022. Notez qu’il reste ici encore un espoir.

En revanche, «Close Up», qui devait marquer de manière assez conformiste (nous sommes après tout à la Fondation Beyeler…) la présence des femme peintres, se retrouve pour sa part «ajourné» sans plus d’explications. Si je dis qu’il ne devait pas y avoir là de surprise, c’est parce que le choix tombait comme par hasard sur des créatrices célèbres. Il pleut toujours où c’est mouillé. La sélection allait ainsi de Berthe Morisot à Cindy Sherman en passant par Frida Kahlo et Marlene Dumas. Vous parlez de révélations!

Aucun programme fixe

L’observateur remarquera du coup, en consultant le site www.fondationbeyeler.ch que la musée privé n’a plus de programme fixe après la fin de la prolongation de son «Hopper» le 20 septembre. Il n’y aura apparemment plus aux murs que l’excellent accrochage de Raphaël Bouvier qui accompagnait les œuvres du peintre américain. Il en reprend l’idée de calme et de sérénité. Cette présentation doit maintenant durer, toujours selon le site, jusqu’au 15 novembre.

Et après? C’est la question. Je lui apporterais volontiers une réponse personnelle. Il y a maintenant des années que l’on ne voit plus la merveilleuse collection formée par Hildy et Ernst Beyeler. Une avalanche de chefs-d’œuvre, comme le public avait pu le découvrir à l’ouverture des lieux en 1997. L’ensemble s’est encore enrichi, en tirant du côté des contemporains, de Wolfgang Tillmans à Philippe Parreno. Il y a en outre à Riehen des prêts isolés et le dépôt de fonds entiers comme la Fondation Rudolph Staechlin et la Collection Daros. Cela fait largement là de quoi faire, et pour longtemps. La Fondation Beyeler ne constitue après tout pas qu’un garage à expositions temporaires. Il s’agit aussi un musée qui devrait se donner à cœur vivre comme tel.

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