Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Fondation Baur propose à Genève un week-end d'ikebana

Les participantes proposent des compositions répondant aux styles de diverses écoles. Elle sont réparties sur les trois étages des salles permanentes.

L'affiche du musée Baur. Mais c'est celle de 2018...

Crédits: DR

C'est une tradition. Chaque année, la Fondation Baur organise une présentation d'ikebana sur les trois étages de ses salles permanentes. Il ne s'agit pas d'une compétition, mais d'une exposition organisée avec l’Ikebana International de Genève. Cette société a trouvé là un partenaire bien plus approprié que du temps déjà lointain, où le Mandarin International restait encore l'Hôtel du Rhône. Les œuvres, car il s'agit bien d’œuvres et non pas de vulgaires bouquets, ont pour fonds d'admirables céramiques chinoises ou japonaises. Il se crée ainsi une provisoire unité. La manifestation ne dure en effet par la force des choses que trois jours.

Il y avait beaucoup de monde, vendredi, pour le lancement de ce long week-end. Un monde féminin et occidental, même si j'ai vu quelque part un dame en kimono avec un bel «obi» rose. Divertissement de guerrier au départ, l’ikebana est en effet devenu une expression pour les dames à partir du XVIIe siècle. Parmi les noms des exposants, je n'ai du coup noté aucun prénom typiquement masculin. Mais il faut dire qu'il y a aussi dans le club genevois des Japonais pur sucre. C'est ainsi Yumiko Shimada qui signe la composition la plus élaborée, présentée au premier. Il y a là aussi bien quelques rares fleurs que des branches de pin. Le résultat donne l’impression d'une sculpture à même de permettre trois points de vue selon l'angle de vision du spectateur.

Du petit au monumental

L'ikebana connaît plusieurs écoles, correspondant à des styles différents. Le plus massivement représenté à la Fondation Baur est le Sogetsu. Il y a cependant de l'Ikebono et de l'Ichiyo. Je n'ai en revanche pas remarqué de création se réclamant de l'Ohara. A l'intérieur de chaque style cohabitent des expressions diverses. Il y a du petit et du grand, voire du monumental. L’œuvre peut s'appuyer sur un deux, et même trois vases. Certaines pièces apparaissent plus dépouillées, ou plus architecturées que d'autres. Question de sensibilité.

N'ayant aucune compétence en la matière, j'ai cependant ma pièce préférée. Sogetsu. Il s'agit de celle de Karin Leal-Eberhardt. Une personne tout à fait charmante, aux cheveux d'argent. Sa composition est dominée par une énorme feuille sèche de cocobolo, qui semble aujourd'hui en bronze patiné brun. «Je l'ai trouvée il y a un an jetée dans une benne», avoue l'artiste. Cela signifie-t-il qu'elle fait constamment les poubelles? «Non, mais je marche avec les yeux bien ouverts.»

Pratique

Ikebana, Fondation Baur, 8, rue Munier-Romillly, Genève, samedi 2 et dimanche 3 novembre. Tél. 022 704 32 82, site www.fondation-baur.ch Ouvert de 14h à 18h.


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