Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Fondation Auer-Ory publie le reprint d'un gros album genevois de photos

"Genève jusqu'en 1891" a été conçu par un auteur resté anonyme. Ce recueil contient 374 illustrations racontant la ville depuis ses origines avec une focalisation sur le XIXe siècle.

La nouvelle couverture de l'album.

Crédits: DR

L’album est apparu sur le marché local. Chez Genève Enchères, si ma mémoire est bonne. Acquis par la Fondation Auer-Ory d’Hermance, il fait aujourd’hui l’objet d’un reprint. Seule, la couverture a changé. Il n’y a plus les lettres GENÈVE dorées frappées sur un cuir brun. Il fallait de la couleur. Elle est fournie par un fond rouge, avec les armes du canton et une photo ovale de la Rade en sépia. Il y a aussi les mots qui disent tout, même s’ils se révèlent un peu mensongers. Le cartouche affirme «Genève jusqu’en1891», alors que deux indications, à l’intérieur, remontent à 1906.

Quelle personne a conçu le projet de cet ouvrage? Mystère. Comme le dit dans la préface Alexandre Fiette, aujourd’hui à la tête de la Maison Tavel, «cette dernière n’a pas jugé utile de nous le faire savoir, s’effaçant derrière la mission de décrire une Genève par l’image.» Elle n’est par ailleurs pas l’auteur des 374 illustrations. Celles-ci reprennent des reproductions de documents anciens pour la partie historique et d'autres sortant du commerce pour les photos récentes. Alexandre Fiette a ainsi identifié des productions de l’atelier d’Auguste Garcin pour les années 1850.

Aucun commentaire

Les images sont soigneusement mises en pages, dans un décor de traits assez complexes. L’auteur anonyme leur a donné une légende, mais aucun commentaire. Il donne à voir sans juger, même si de nombreuses constructions montrées avaient alors été démolies, modifiant profondément le visage de la cité. Le Grenier à blé de Rive est tombé en 1898. L’importante maison médiévale à l’angle du Molard et de la Croix-d’Or, fut jetée bas en 1889. La rive gauche du quartier de l’Ile, a entièrement disparu en 1889, suivant ainsi le sort de la rive droite, détruite entre 1883 et 1889. Seules, les années 1950 et 1960 ont amené chez nous de tels chamboulements immobiliers, faisant croire à certains de nos visiteurs actuels que Genève a été gravement bombardée pendant la dernière guerre.

Quelques dessins, tout aussi anonymes, se retrouvent aussi par-ci, par-là. D’un tracé un peu sec, un peu naïf aussi, ils montrent pour la plupart des états anciens des rues. Une petite place se voit laissée vers la fin à la campagne locale. Tout se termine par des cartes géographiques. Une conclusion un peu sèche pour un ouvrage où nul n’a voulu s’épancher. La seule émotion est venue de Michel et de Michèle Auer-Ory, qui ont pensé que le volume méritait non seulement de se voir conservé, mais édité sous forme de multiple.

Pratique

«Genève jusqu’en1891», aux Editions Auer-Ory, pages non numérotées.

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