Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La découverte d'un os gravé confirme l'avancement atteint par les Néandertaliens

Exécutés sur une phalange de Mécacéros, les dix traits avaient sans doute une portée symbolique. On n'en finit pas d'apprendre sur ces humanoïdes lointains.

L'objet, qui marque un grand pas en anthropologie.

Crédits: Service archéologique de Basse-Saxe.

Les revoilà! Pas en chair et en os, bien sûr, puis qu’il s’agit des Néandertaliens. Il n’y a maintenant pas un mois sans une découverte sur ceux qui sont aussi (un tout petit peu) nos ancêtres. Un tissage. Un objet vaguement élaboré. Certains scientifiques audacieux vont même aujourd’hui jusqu’à leur attribuer les peintures pariétales les plus anciennes. Je vous rappelle que l’Homme (et la femme) du Néandertal ont disparu il y a environ quarante mille ans. Bien avant les mammouths, qui se sont eux éteints pour leur part autour de 2000 avant Jésus-Christ (la date restant débattue).

Cette fois, la trouvaille s’est effectuée au Nord de l’Allemagne, en Basse-Saxe. Il s’agit d’un os gravé sur une phalange de Mégacéros, une sorte de cerf elle aussi évanouie aux ramures gigantesques. L’objet est minuscule. Six centimètres de haut sur quatre de large. Il est marqué de dix traits incisés, dont six forment des chevrons. L’objet, selon la revue «Nature» qui publie une longue étude à son sujet, aurait dans les 51 000 ans. Une date qui exclut l’influence de l’Homo Sapiens, remonté aussi haut en Europe bien après. Pour l’archéologue Dirk Leder, le bout de Mégacéros prouve que les Néandertaliens étaient pourvus non seulement de créativité, mais aussi de sens symbolique. Reste bien sûr que ce sens nous échappe ici aujourd’hui.

Surprises à venir

Avec cette phalange, découverte dans la «Einhornhöhle» (ou grotte de la Licorne), des humanoïdes que l’on considérait encore il y a un siècle comme des sortes de grands singes acquièrent encore un peu plus de proximité. On les sait capables de fabriquer des outils pour s’attaquer aux peaux de bête. Ils ont développé des rites funéraires. Ils nous ont laissé quelques gènes. Et ce n’est sans doute pas tout! «Avec les Néandertaliens, nous ne sommes pas au bout de nos surprises», assure ainsi la paléontologue française Marylène Patou-Mathis.

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