Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La collection Gandur fournit une exposition complète au Mémorial de Caen

"La libération de la peinture" ira de la fin de la guerre aux années 1960. Trente-neuf artistes seront représentés dès le 14 juillet par 75 oeuvres à dominante abstraite.

Jean Claude Gandur avec une toile de son énorme collection.

Crédits: Tribune de Genève

Le revoilà! Jean Claude Gandur va faire son retour dans une nouvelle ville française après Montpellier ou Bordeaux (1). «Sous réserve d’autorisations préfectorales», 75 œuvres de sa collection seront présentées dès le 14 juillet, jour de fête nationale, au Mémorial de Caen. Un musée parlant jusqu’ici de la guerre seule. Mais, depuis peu son directeur Stéphane Grimaldi entend associer les arts au programme. Pas n’importe lesquels, cependant! Il faudra qu’il existe des liens clair entre les pièces présentées et l’histoire contemporaine.

Le thème choisi pour la présentation de 2020 coule de source. Il s’agira de montrer comment, de la Libération de 1944-1945 aux années 1960 (qui coïncident avec l’apogée des «Trente Glorieuses»), les artistes ont réagi à l’actualité. Le débat avait fait rage, très vite après la paix retrouvée. Comment pouvait-t-on encore peindre après Auschwitz, Dresde et Hiroshima? La figuration avait alors pris un méchant coup. L’abstraction, mais non géométrique (la géométrie donne en effet une idée d’ordre et de logique), avait alors pris sa place. Sauf pour les communistes, fidèles au "réalisme socialiste" plus proche du goût populaire. Il s’agissait, à en lire le dossier de presse, «d’une révolution qui changea irrémédiablement le cours de la peinture occidentale.» Moi, je veux bien. N’empêche que les figuratifs, et jeunes en plus, sont aujourd’hui revenus en grâce.

De Fautrier à Cobra

Il y a aura 75 pièces (tableaux, sculptures et dessins) dans l’exposition, dont deux conservateurs de la Fondation Gandur pour l’art seront les commissaires. Bertrand Dumas et Yan Schubert ont prévu huit sections chronologiques ou thématiques. Parmi les 39 artistes retenus figureront aussi bien des artistes marqués par la guerre comme Jean Fautrier (l’homme des «Otages») ou Hans Hartung (qui y laissa une jambe) que Pierre Soulages, Georges Mathieu ou les membres du groupe international Cobra. Un commentaire de Jean Claude Gandur accompagnera les déambulations du public durant tout son parcours. Enfin, celui qui aura choisi de prendre des écouteurs. La manifestation se verra accompagnée d’un catalogue également piloté par Bertrand Dumas et Yan Schubert. Ah, j’avais oublié le titre! L’exposition s’appellera «La libération de la peinture».

(1) Il y a aussi eu de nombreux prêts à Madrid.

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