Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Aïe! La Biennale des Antiquaires de Paris perd encore une fois un président

Etabli à Genève, Georges de Jonckheere a présenté sa démission. Il entendait remonter une foire ayant "touché le fond" en 2019. Que va-t-il se passer après?

La Biennale, quand elle était au Grand Palais.

Crédits: Grand PAlais, Paris.

C’est un échec déguisé en succès. Après un an passé à la tête de la Biennale des Antiquaires de Paris, Georges de Jonckheere a présenté sa démission. «Rendu son tablier» me semblerait plus exact, même si l’homme, aujourd’hui établi à Genève, a déclaré au «Quotidien de l’art» ne «jamais avoir eu la vocation de rester à la tête» de ladite foire. Celle-ci avait selon lui «touché le fond» en 2019. Il avait pensé lui faire remonter à la surface avec notamment l’aide de l’architecte-décorateur Jean-Michel Wilmotte et d’administrateurs de la Mission Stéphane Bern.


Quand Georges de Jonckheere entendait tout remettre en place. Photo Le Quotidien de l'Art.

En 2020, tout ne s’est bien sûr pas passé comme les choses restaient prévues en début d’année. Le salon n’a pas eu lieu en septembre, même s’il serait tombé durant une accalmie de la pandémie. Il s'est vu remplacé par un partenariat avec Christie’s. La multinationale s’est chargée d’une vente en ligne, les objets fournis par les exposants parisiens demeurant visibles dans leur boutique. Présentée aujourd’hui par certains journalistes comme un triomphe, la vacation n’avait dégagé qu’un million et demi d’euros. Une catastrophe. Sans compter la perte d’image. Certains membres du Syndicat des Antiquaires avaient du reste démissionné à l’annonce de cet accouplement monstrueux entre des marchands ayant pignon sur rue et une maison d’enchères.

Concentration sur Genève

Que va-t-il se passer maintenant? Pour Georges de Jonckheere, pas de problèmes. Il entend se concentrer sur sa galerie genevoise, établie au 7, rue de l’Hôtel de Ville dans l’ancienne arcade de Jacques Benador. Il s’agit pour lui de développer, notamment sur le plan international, une entreprise qui s’est mise au moderne à côté de son fonds de commerce dédié à la peinture hollandaise et flamande du XVe au XVIIe siècle. Pour la Biennale, devenue comme on le sait annuelle, les choses semblent plus coton pour de pas dire filandreuses. On ignore où en sont les différents «chantiers» entrepris par Georges de Jonckheere. Ce dernier a déclarer au «Quotidien de l’Art» souhaiter «que quelqu’un prenne la relève.» Mais qui? Pour faire quoi? Et où, pendant qu’on y est, le Grand Palais Ephémère n’étant pas acquis pour la Biennale? Il semble bien que le fond, dénoncé en 2019, soit en réalité formé plusieurs strates superposées...

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