Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Biennale des antiquaires 2020 sera finalement remplacée par une vente en ligne

Annulée le 11 mai, la manifestation se voit transférée en ligne. Cinquante marchands proposeront des objets. Christie's fournit la logistique. Une collaboration contre nature.

La Biennale, quand elle était encore au Grand Palais.

Crédits: François Guillot, AFP

Le 11 mai, la Biennale Paris, (le nouveau nom de la Biennale des Antiquaires) jetait l’éponge. L’édition prévue en septembre 2020 apparaissait impossible à sa direction en raison de la crise sanitaire. Mieux valait reporter les premiers pas de cette manifestation régénérée à 2021, même s’ils auront lieu au Grand Palais provisoire prévu au Champ de Mars.

La Biennale 2020 se déroulera finalement à la fin de l’été sous une autre forme. Cinquante marchands se voient invités à participer à une vente uniquement en ligne (1) avec des objets bien choisis. Celle-ci se déroulera du 10 au 21 septembre. Autant dire qu’il s’agira de la formule la plus banale. On aurait plus facilement imaginé une vacation en direct sans public dans la salle, mais avec un vrai commissaire priseur en tenue de soirée. Chemise blanche. Papillon noir. C’eut été tout de même plus glamour. La chose n’en pas moins été avalisée par Georges de Jonckheere, qui préside aujourd’hui cette nouba déclinante. Il a parlé d’une proposition «juste et innovante». Il est pourtant permis de penser qu’elle scie la branche sur laquelle les antiquaires ne sont déjà plus très bien assis.

Christie's ravi

Si je dis cela, c’est parce que la chose se verra de plus organisée en partenariat avec Christie’s. Guillaume Cerutti se frotte les mains. «Les ressources digitales et le réseau commercial de Christie’s dans le monde seront mises au service de ce projet.» D’accord! Il me semble pourtant que l’association contre nature entre des marchands et une maison d’enchères conquérante comporte des dangers. C’est comme si le Petit Chaperon rouge allait se promener avec le Grand Méchant Loup.

Stéphane Bern. Photo AFP.

Normalement, la Biennale commence, la veille du vernissage, par un dîner huppé et naturellement hors de prix. Ses bénéfices se voient versés à une œuvre caritative. Les riches mangent toujours le cœur plus léger quand c’est au profit des pauvres. Le repas 2020 était prévu en faveur de la Mission Stéphane Bern du patrimoine, que le gouvernement soutient d’une main et enfonce du poing de l’autre. Christie’s a donc décidé de réserver une partie de ses droits (car la maison ne travaille ici pas gratis pro deo!) à ladite mission. C’est pour moi LA note positive. Le patrimoine risque en effet de devenir une victime collatérale du virus. L’argent risque bien de se vouloir social ces prochaines années.

(1) Se sont déjà déclarés partants Mermoz, Ariadne, De la Béraudière, Didier Claes, Neuse, Stieinitz, Downtown...

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."