Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Biennale de Lyon ouvrira en septembre dans une ancienne usine désaffectée

Fagor deviendra le coeur d'une manifestation qui a les dents longues. Elle sera pilotée par une équipe du Palais de Tokyo à Paris. Le communiqué de presse est en anglais...

L'ex-Usine Fagor.

Crédits: Photo communiquée par la Biennale de Lyon

Il faut savoir s'y prendre à l'avance. La Biennale de Lyon, qui aura lieu pour la quinzième fois du 18 septembre 2019 au 5 janvier 2020, a donc déjà envoyé son communiqué. En anglais, ce qui me choque un peu, voire même beaucoup. Le minimum serait d'en proposer AUSSI une version française. Il y a des limites à l'internationalisation. On reste en France, après tout.

Pour cette nouvelle mouture, la manifestation change de lieu, même si elle conserve bien sûr le macLYON, son musée d'art contemporain, au bout du parc de la Tête d'Or. Elle dispose en effet d'un nouvel endroit. Et pas des moindres, dans la mesure où il s'agit de l'ancienne usine Fagor, qui a fonctionné de 1945 à 2015 dans de quartier de Gerland. Il y a là 29 000 mètres carrés, soit près de trois hectares à disposition. C'était une des dernières fabriques subsistant à l'intérieur de la ville. «Un lieu emblématique de l'histoire lyonnaise». FagorBrandt produisait de l'électro-ménager. Le repreneur éventuel n'a pas été agréé par le tribunal. Encore un drame économique, avec 382 licenciements secs, dans une France où il n'est plus question que de fermetures... Il y a trente ans, on se réjouissait de voir un tel édifice transformé en centre d'art, comme la SIP à Genève. Aujourd'hui qu'il y en a partout, on se surprend à espérer des lieux d'expositions reconvertis en fabriques!

Politique, poétique, environnemental...

Mais revenons à la Biennale. Fagor abritera les œuvres d'une cinquantaine d'artistes de toutes générations, venus de nombreux pays. Parité absolue, cela va aujourd'hui de soi. Nouvelle directrice du macLYON, où elle a succédé au légendaire Thierry Raspail, Isabelle Bertolitti a confié le commissariat à une jeune équipe du Palais de Tokyo. Là aussi, je me sens un peu dérangé. Pourquoi, chez nos voisins, faut-il que tout vienne toujours de Paris? La décentralisation promise finit par ressembler à ce qu'étaient jadis pour le théâtre les Tournées Karsenty. Elles venaient apporter la bonne parole en province. Ce jeune «team» manifeste de grande ambitions (1). Il s'agira d'être à la fois politique, poétique, environnemental et tout de même esthétique. N'oubliez pas que les artistes actuels, même si cela ne se voit pas forcément, sont devenus des activistes et des penseurs!

L'équipe de curateurs. C'est beaucoup, sept personnes... Photo Ayka Lux fournie par la Biennale de Lyon.

Lyon, qui a reçu en 2017 quelque 330 000 visiteurs (dont 6500 professionnels), ne se contentera bien sûr pas de deux sites. Le but est aujourd'hui de proliférer. La chose vaudra pour la cité, bien sûr. Mais il y aura aussi des bourgeonnements ailleurs. Ils iront jusqu'à La Tourette, le couvent dessiné par Le Corbusier. L'Institut d'art contemporain de Villeurbanne accueillera ainsi des artistes débutants. La relève. La Fondation Bullukian, place Bellecour, sera de la partie, tout comme le centre d'imprimerie URDLA. Un projet intitulé «Résonance» regroupera enfin plus de 200 projets. Cela fait beaucoup. Mais c'est normal. Nous sommes entrés dans l'ère du quantitatif.

(1) Je cite En anglais, bien sûr. «Fantastic gardens, hybrid creatures, bouquets of epiphytic stories, synthetic fragrances and mythological machines, but also colours, crystals, songs and infrasounds which could be intended for us humans as much as for our contemporaries: plants, animals, minerals, breaths and chemistries, waves and bacteria, are just some of the ingredients that make up the porous landscapes of this 15th Lyon Biennale. This edition – a reflection of our collective curatorial approach, based on discussion and collegiality – seeks to nurture chance encounters and unexpected connections between artworks specially produced in collaboration with the vital forces of the metro area, the Auvergne-RhôneAlpes region and the city of Lyon.»

Pratique

Site www.labiennaledelyon.com

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