Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Biennale de Lyon a déjà choisi ses commissaires pour l'édition de 2021

Le tandem Sam Bardaouil-Till Fellrath, qui fonctionne comme entité depuis 2009, a été désigné. Il lui faudra concevoir une édition marquante pour les 30 ans de la manifestation.

Le tandem. Till est à gauche. Sam à droite.

Crédits: DR

La Biennale de Lyon de 2019 a à peine plié bagage qu’elle annonce déjà sa prochaine édition pour septembre 2021. Enfin, on sait au moins aujourd’hui qui en seront les commissaires. Il ne s’agira plus cette fois de l’équipe du Palais de Tokyo envoyée dans la ville des «bouchons» (de délicieux restaurants locaux bien loin de l’art contemporain), mais d’un tandem. Celui-ci existe en fait depuis 2009. Cette année-là deux commissaires indépendants, Sam Bardaouil et Till Fellrath, se sont regroupés afin de fonder à New York et à Munich une «plateforme» nommé Art Reoriented. Ils organisent depuis des expositions à travers le monde. Je me souviens ainsi d’avoir vu deux pavillons qu’ils ont «curaté», comme on dit en bon français, à la Biennale de Venise et d’une rétrospective du Centre Pompidou consacrée à Mona Hatoum. Plutôt bien du reste, cette dernière.

Le duo a été choisi par Isabelle Bertolotti, qui est devenue à Lyon calife après le départ du calife Thierry Raspail. Elle était auparavant son bras droit. Je ne vous cite pas son discours entier. Dommage, d’ailleurs. C’est un petit chef-d’œuvre de langue de bois. La dame parle «d’engagement profond que savent susciter auprès des publics des grandes villes à travers le monde» les duettistes ainsi que de «la place centrale qu’ils accordent aux artistes dans leurs projets curatoriaux.» Vous avez noté que cela n’engage pas à grand-chose. Le reste de la prose relayée par les attachés de presse de la biennale sort du même tonneau. Une foule de lieux commun, alors que le lecteur n’apprendra rien sur Sam Bardaouil et Till Fellrath. C’est bien connu. Dans le petit monde autiste de l’art contemporain, on ne donne jamais de biographie. Trop simple! C’est par la bande que j’ai appris que Sam venait du Liban et que Till était Allemand. Aucune date de naissance. Mais après tout ces deux Martiens ne sont peut-être pas encore nés.

Succès public en 2019

En 2021, la Biennale, fondée en 1991, sera devenue trentenaire. Il faudra donc une seizième édition qui en jette. J’ignore si elle se déroulera comme la précédente dans les anciennes usines Fagor («un fleuron de l’industrie locale»), qui n’offrent pas moins de trois hectares de surface non loin du Musée des Confluences. Cette dernière mouture avait réuni 280 000 visiteurs «dont le cinquante pour-cent avait moins de 26 ans.» Important. Il faut faire jeune quand on s’occupe de création actuelle. La presse nationale, hyper-invitée et cajolée, avait été très flatteuse. Le bouche à oreille, en tout cas autour de moi, le semblait nettement moins. Ont été critiqués tant le choix du lieu, démesuré, que des artistes, peu intéressants. Notez que dans cet univers-là le fait de rester incompris tient du privilège. Certains croient toujours avoir ainsi une longueur d’avance.

Pratique

Site www.labiennaledelyon.com

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