Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Biennale d'architecture de Venise est renvoyée dans la douleur à mai 2021

Pour le directeur Roberto Cicutto, ce sont des pays participants qui ont demandé le report. Mais il faut aussi dire que les chantiers n'ont pas encore commencé...

Une image de l'édition de 2016.

Crédits: Biennale de Venise.

Et une de plus! La Biennale d’architecture de Venise, qui avait déjà repoussé sa dix-septième édition de mai au 29 août 2020, vient de tout annuler. Ou presque. La manifestation se voit repoussée au 22 mai 2021. La décision n’a pas été facile à prendre. Le directeur de la Biennale, qui coiffe une sorte d’hydre allant du cinéma à la danse en passant par le théâtre, s’est du reste montré ambigu. Il est permis de voir dans le communiqué de Roberto Cicutto (qui a remplacé le légendaire Paolo Baratta en janvier 2020) beaucoup de réticences. Ce monsieur dit en termes voilés que ce sont les pays participants à la manifestation par des pavillons nationaux qui ont en majorité demandé le report. Pas lui.

Tout devient en effet très compliqué. Depuis 1980 en principe (il y a déjà eu des renvois d’un an), la Biennale d’architecture se cale entre deux éditions de celle des beaux-arts. Celles-ci intervenant les années impaires depuis celle du centenaire en 1995, elles se déroulent normalement les paires. Seulement voilà! Les expositions ont lieu aux mêmes endroits dans Venise. Autrement dit pas en même temps. L’idée d’organiser l’exposition d’architecture, placée sous la houlette de Hashim Sarkis, l’an prochain oblige donc du coup à déplacer celle des beaux arts, organisée par Cecilia Alemani, en 2022. La dix-huitième Biennale d’architecture se déroulera du coup en 2023. Des bouleversements horaires que Venise a connu durant les deux dernières guerres. Et chacun sait, depuis une certain discours d’Emmanuel Macron, que nous sommes en guerre contre le virus.

Symptôme dépressif

Ce n’est cependant pas seulement la peur de la maladie ou celle d’une absence de public qui a guidé l’actuelle décision de Roberto Cicutto. Il y a aussi les préparatifs, qui n’ont pas vraiment commencé à l’heure actuelle. «Impossible de réaliser, dans les délais nécessaires, une exposition aussi complexe d’envergure mondiale.» On veut bien le croire. Mais dans quelques mois, il risque d’y avoir la question financière. Tout cela coûte très cher, et même des pays pauvres participent à la manifestation. Il faudra en plus rameuter les visiteurs intéressés.

Il y a enfin le symptôme dépressif, qui va s’aggravant. 2020 va être une année sans Cannes, sans Avignon, sans Arles et sans les autres festivals d’été. Tous renaîtront-ils de leurs cendres? Pas sûr! Personne ne sera mort de toutes ces absences, si ce n’est finalement les artistes. Les malheureux risquent du coup de comprendre qu’ils ne sont pas aussi indispensables qu’ils le croyaient. Que vont devenir les plus fragiles d’entre eux?

La Mostra maintenue

Ah, j’oubliais! L’édition 2020 de la Mostra, autrement dit de la Biennale du cinéma, se voit, elle, maintenue pour le moment. Elle devrait se dérouler au Lido du 2 au 12 septembre.

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