Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Biennale d'architecture de Venise aura bien lieu. Ouverture au public le 22 mai

La manifestation, annulée en 2020, reste placée sous la direction de Hashim Sarkis. Elle se veut très sociale et bien sûr politique. Mais qui viendra la voir?

Le Libanais Hashim Sarkis, à la tête de la manifestation.

Crédits: DR.

Elle aura lieu! Je ne cite pas la dernière réplique de «La guerre de Troie n’aura pas lieu» de Jean Giraudoux. Il s’agit bien ici de la Biennale de Venise. Celle-ci a tenu sa conférence de presse le lundi 12 avril. Etaient surtout attendues les interventions du nouveau président Riccardo Cicutto, nommé en janvier 2020, et de Hashim Sarkis, à la tête de l’édition 2021. On sait que cette dernière, consacrée à l’architecture, aurait dû se dérouler en 2020. Allait-on la repousser encore une fois?

Eh bien non! Je le sais par l'agence de presse italienne ANSA. La 17e mouture de la cadette des Biennales de Venise reste fixée en 2021. J’ose espérer que les travaux sont en route depuis longtemps. Il y a des chantiers en perspectives, et l’ouverture au public demeure prévue le 22 mai. «Certains projets interactifs ont été abandonnés», explique le Libanais Sarkis. D’autres, en plein air, ont en revanche pris de l’importance. «Ils dialogueront avec les arts visuels.» Le tout se veut très militant. Les architectes, qui n’ont jamais brillé par leur modestie, «devraient apporter des solutions plus efficaces que celles proposées jusqu’ici par des politiciens.» Il sera comme de juste question d’«intensification de la crise climatique», de migrations de populations, d’instabilité gouvernementales, d’inégalités raciales, économiques et sociale croissantes. Un peu d’architecture aussi je suppose.

Parité absolue

Issus de 46 pays, les 112 participants viendront de partout, avec un accent mis sur l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. La parité sera, comme vous pouvez l’imaginer, absolue. Du moins dans la partie gérée par Hashim Sarkis. Les 53 pays ayant décidé d’entrer dans le jeu en 2021 restent par principe libres de faire ce qu’ils veulent. Il y aura parmi eux quatre nouveaux-venus, le Vatican ayant fait sensation avec sa première apparition en 2018. Ce sont Grenade, l’Irak, l’Ouzbékistan et l’Azerbaïdjan. On retrouvera tout ce petit monde aux Giardini et à l’Arsenale, mais aussi à Forte Marghera, sur la Terre ferme. Des installations se voient prévues, dont une de Giuseppe Penone. Il y aura aussi dix-sept événements collatéraux et une collaboration avec la Biennale de la danse.

L'intervention nord-vietnamienne en bambou, qui avait fait sensation lors de la dernière édition, tenue en 2018. Photo Biennale de Venise.

Difficile évidemment de dire qui pourra, ou voudra, visiter cette Biennale des temps de pandémie, avec toutes les fermetures de frontières que cela suppose. Le président Cicutto s’attend sans doute à une fréquentation assez faible, du moins au début. Si les choses devaient s’arranger sur le plan sanitaire, les Giardini et l’Arsenale pourront un peu se remplir par la suite. L’événement est long. Il durera jusqu’au 21 novembre. Cela dit, la visite ne me semble agréable pour le public que de mai à septembre. La suite offre quelque chose de crépusculaire. Pour en savoir davantage, tapez www.labiennale.org Tout devrait normalement mieux aller avec la Biennale des beaux-arts, confiée à Cecilia Alemani. Elle reste maintenue à 2022.

N.B. En écho, la Fondazione Prada annonce pour Venise une grande exposition intitulée "Stop Painting". Elle aura également lieu du 22 mai au 21 novembre. Le commissaire en sera le Suisse Peter Fischli, l'élément survivant du tandem Fischli & Weiss. L'idée est de raconter les cinq morts annoncées (mais non intervenues) de la peinture depuis l'invention de la photographie en 1839.

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