Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La Bibliothèque de Genève reprend "Les jeudis midi de l'affiche". A voir et à entendre

Dès le 17 septembre, les conférenciers défendront une création locale, de GDS à Neo Neo. A suivre au moment où des intégristes veulent interdire toute publicité de rue.

Campagne Swissair, Herbert Leupin. 1949.

Crédits: BGE, Genève 2020.

C’est reparti, ou plutôt cela va repartir le 17 septembre. En petit comité, je suppose, distances sociales obligent. La Bibliothèque de Genève (BGE), qui semble sortie d’affaires depuis son placement sous la direction de Frédéric Sardet, reprend pour une nouvelle saison ses «Jeudis midi de l’affiche». Je ne saurais vous dire depuis quand cette série de conférences de quarante-cinq minutes existe. Je suppose leur apparition liée au règne, déjà lointain, de Jean-Charles Giroud. Conservateur d’un petit département jusque là considéré comme marginal, l’homme s’était vu promu à la tête de ce qui restait encore la Bibliothèque publique et universitaire. Une révolution de palais. Un coup de jeune aussi. Genève découvrait grâce à l’entremise de cet homme combien le graphisme a pu jouer un rôle important dans notre ville au même titre que la BD ou le cinéma d’animation. Les noms se révèlent d’ailleurs souvent les mêmes. Il suffit de regarder l’actuel programme, particulièrement copieux. Les causeries annulées pour cause de confinement se sont vues intercalées entre celles prévues pour la saison 2020-2021.

Claude Luyet, 1986. Photo BGE, Genève 2020.

Douze midis sont donc prévus d’ici le 20 mai prochain. Ils font la part belle à la création romande. Celle que conservent les collections municipales, dépendantes de l’affichage genevois. La BGE possède en effet aujourd’hui 130 000 modèles, placardés depuis plus d’un siècle. Un patrimoine longtemps resté dans des greniers poussiéreux. Le 14 janvier 2021, Brigitte Grass, ex-responsable de cet ensemble, et Nelly Cauliez, qui lui a succédé, parleront du reste de la «Naissance d’une collection patrimoniale», avec ce qu’elle a par la suite supposé de gestion au quotidien. Une conférence de fond avec celle du Duo d’Art, aujourd’hui formé par Sébastien Mathys et Sébastien Beauquis. Eux s’occupent d’une centre d’impression, créé en 1923. Un lieu presque centenaire, voué à une publicité que d’aucuns vouent aujourd’hui aux gémonies. A notre époque d’intégristes de tout crin et de tout poil, il s’en trouve pour vouloir interdire toute forme de communication visuelle de ce type. Sauf éventuellement pour la culture.

Eric Jeanmonod et Cédric Marendaz

Jean-Daniel Clerc, qui s’occupe rue des Eaux-Vives de la belle Galerie 1, 2, 3, ouvrira les feux le 17 septembre. Il parlera des campagnes de la défunte ligne aérienne Swissair, morte dans la plus extrême douleur financière en 2002. La part belle sera ensuite faite cette saison aux créateurs. Le public entendra le 24 septembre Eric Jeanmonod, que l’on connaît notamment pour son travail avec le Théâtre du Loup ou l’AMR. Cédric Marendaz sera là le 26 novembre. L’homme a notamment illustré le Théâtre du Grütli (qui se caractérise aujourd’hui par la nullité totale de ses affiches) au temps de Frédéric Polier. Célèbre pour ses dessins animés, le Studio GDS a aussi produit des "posters". Deux membres de ce collectif, Claude Luyet et Georges Schwizgebel, viendront en parler le 25 mars. Le 20 mai, les débats seront clos avec l’équipe de Neo Neo, après que Cécile + Roger se sont exprimés le 25 février.

Gérald Poussin, 1989. Photo BGE, Genève 2020.

Le reste demeurera thématique. Il y aura aussi bien «Lausanne s’affiche» que les réclames ferroviaires du Paris-Lyon-Méditerranée (alias PLM) entre 1859 et 1937. Une conférence de Jean-Charles Giroud. Il sera question aussi de «La protection de la nature au cœur de l’aménagement du territoire», où l’on reconnaîtra la patte verte (et jargonnante) de la Ville de Genève. Une édition-débat sur le genre se verra proposée le 15 octobre sous le titre d’«Espace public, espace visuel». Pablo Lavalley se demandera alors si l’affiche dans la rue constitue «une réflexion cognitive ou un polluant visuel». Grave question. Cela dit (mais je sens ici que me dirige vers un terrain glissant), bien des piétons urbains sont des polluants visuels… J’interromps donc ici.

Pour en savoir davantage, tapez www.bge-geneve.ch

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