Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Koller présente ce mardi et mercredi à Genève ses "highlights" de septembre à Zurich

Les visites se font au 2, rue de l'Athénée. Il y a là de la peinture, quelques meubles et des objets. Les ventes se dérouleront à la criée à Zurich... ou sur Internet.

Le Gerard (ou Geritt) van Honthorst. Un sujet difficile.

Crédits: Koller, Zurich 2020.

Décidément, Koller met les bouchées doubles! Il y a eu en juin les ventes de mars, repoussées pour cause de confinement. Puis sont venues début juillet les vacations de juin. Aujourd’hui, la maison zurichoise s’apprête à lâcher les lots de septembre. Les séances se dérouleront Hardturmstrasse les 23, 24 et 25 septembre. Là aussi (voir mes articles sur Piguet et Genève Enchères parus presque en même temps), il y aura trois ventes à la criée, le reste se passant devant (et derrière) les écrans d’ordinateurs. L’entreprise annonce par ailleurs déjà ses projets pour décembre 2020 et mars 2021. Si cela peut vous intéresser, elle reste en quête de marchandise. Celle-ci se raréfie. Or il semble que nos temps de pandémie se révèlent un bon moment pour vendre. Les acquéreurs n’ont pas fléchis.

Le Jordaens. Photo Koller, Zurich 2020.

Koller a eu un pied à Genève. La firme y a jadis organisé de nombreuses ventes, notamment de «design» à l’Athénée. La maison garde un orteil dans notre ville. Elle a des bureaux ouverts quotidiennement au sous-sol de l’Athénée. Et c’est là qu’elle montre, après avoir renoncé aux grands hôtels de la place, ses «highlights» pour une «preview» en Suisse romande. La chose a cette fois lieu le mardi 8 septembre et le mercredi 9 de 10 à 18 heures. Le choix comportera sans doute, comme de coutume, de la peinture, quelques meubles (c’est plus lourd à déplacer) et un certain nombre d’objets. Plus les bijoux, évidemment. Que seraient les maisons d’enchères sans cailloux précieux?

Un caravagesque spectaculaire

J’ignore bien sûr le choix opéré sur la masse des catalogues, qui totalisent des milliers de numéros. Mais j’ai jeté un œil sur «Kollerview». Je sais donc que les principaux tableaux des ventes seront nordiques et français. Il y a un «Vénus et Adonis» grand format de Jacob Jordaens (entre 140 000 et 200 000). Une grande décoration d’Hubert Robert au beau pedigree, le tableau sortant notamment du Kimball Museum de Fort Worth (entre 180 000 et 250 000). Un spectaculaire bouquet de fleurs à quatre mains, celles-ci appartenant aux frères de Heem. La toile la plus importante me semble cependant celle de Gerard van Honthorst (entre 150 000 et 250 000). Un caravagesque d’Utrecht. Le sujet n’est pas facile. Cette Madeleine se révèle particulièrement repentante. Elle pleure à grosses gouttes. Voilà une chose qui ferait tache dans un salon!

Et le Hubert Robert. Photo Koller, Zurich 2020.

Les catalogues de Koller, que j’ai par ailleurs fait défiler sur mon écran, proposent de bons meubles français du XVIIIe. Ils vont d’une commode très précoce des années 1710 (entre 25 000 et 35 000) à une spectaculaire console aux dragons rococo pour ceux aimant comme moi ce qui en jette (entre 12 000 et 20 000). L’objet le plus extraordinaire se révèle cependant local, énorme et plus récent. Il s’agit d’une paire de porte-chandelles conçus pour le Grossmünster de Zurich vers 1850. Du néo-gothique comme on n'en fait plus. Il serait peut-être bon de les remettre en place. Une idée lumineuse, non?

Une collection de porcelaines

Koller a aussi deux collections complètes à proposer. Ce qui sera fait le 24 septembre. Le commissaire-priseur dispersera alors les porcelaines du XVIIIe, en majorité allemandes, de Rosmarie Schmidt-Burg (qui la tenait de Siegfried Ducret) et les armes des Sigrist. Pour que des ensembles puissent se former, il faut bien que d’autres s’émiettent!

N.B. J'en reviens (note du 8 septembre). Il y a bien le Honthorst, plus petit que je l'imaginais. Pas vraiment la taille musée, mais important. Le Jordaens fait de l'effet, vu de loin. La commode des années 1710 est très bien. Il y en a une autre du XVIIIe, sans doute provençale, avec des sculptures spectaculaires. Des primitifs italiens. Une très belle paire de vases montés Louis XVI. Plus le reste.

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