Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Jeff Koons détrône David Hockney en devenant l'artiste vivant le plus cher du monde

"Rabbit", qui existe en trois exemplaires, s'est vendu 91,1 millions de dollars frais compris. La vente a eu lieu à New York chez Christie's.

Le lapin en question.

Crédits: Seth Ewing, AP

Ce n'est pas la crise. Du moins pas pour tout le monde. Un lapin métallique de Jeff Koons, moulé sur un ballon en forme de «bunny», s'est vendu 91,1 millions de dollars le 15 mai chez Christie's à New York. «Rabbit», qui existe en trois exemplaires, devient ainsi l’œuvre la plus chère d'un artiste vivant. Fait devenu exceptionnel, l'acquéreur se trouvait dans la salle. La sculpture provient de la succession de S.I. Newhouse, l'homme de Conde Nast. Un groupe qui publie notamment "Vogue". Haute de 104 centimètres, la bestiole a détrôné le tableau de David Hockney, «Pool». Cette toile iconique de 1972 n'avait rapporté «que» 90,3 millions en novembre 2018.

Je ne vais pas rouvrir ici le procès de Jeff Koons, aujourd'hui âgé de 64 ans. Ce serait toujours raconter la même chose. On n'aime ou on n'aime pas sa vision joyeuse et factice. Elle me fait personnellement penser au décor des grands magasins au moment de Noël, ou plutôt ici de Pâques (sauf avec les photos où l'artiste copule avec la Cicciolina, bien sûr!). Il suffit de rappeler la polémique parisienne à propos du «don» de l'américain à la Ville de ses «Tulipes», dont la hauteur devrait atteindre le treize mètres. Après avoir menacé le Palais de Tokyo, cette structure métallique colorée (Koons aime bien ce qui brille) devrait maintenant se retrouver un peu cachée derrière le Petit Palais. Reste que treize mètres, c'est haut!

Jusqu'à quand?

La question que se pose le marché est bien sûr de savoir si cela va durer. Artiste officiel, artiste académique, artiste pompier d'une certaine manière, Koons devrait logiquement connaître un jour une éclipse. C'est dans la logique des choses, même si on a connu par la suite de spectaculaires remontées, des artistes académiques du XIXe siècle précisément à Bernard Buffet. Certains pensent cependant qu'il y a eu trop d'argent investi dans l'artiste pour que la chose devienne possible. La cote se devra d'être maintenue de gré ou de force. Au moins à un niveau convenable. On a reconnu la le fameux «to big to fail». On sait aussi ce qui a pu se passer ailleurs dans l'économie avec des slogans comme celui-ci...

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