Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Jean-Yves Marin écrit une lettre pour annoncer son départ du Musée d'art et d'histoire

Cette courte missive annonce son retrait pour le 1er novembre. Son successeur doit entrer au MAH ce jour-là. L'année de cohabitation semble donc ne pas devoir avoir lieu.

Jean-Yves Marin

Crédits: Tribune de Genève.

J'ai dû relire le texte trois fois. Je n'en croyais pas mes yeux. Et pourtant c'est bien vrai! Ecrit noir sur blanc. Jean-Yves Marin abandonne la direction du Musée d'art et d'histoire (MAH), une institution où il devait rester encore un an pour atteindre une retraite que le magistrat voulait honorable (sur le plan pécuniaire s'entend). Il «quittera le musée» le 1er novembre, autant dire demain. "Quitter". J'imagine du coup qu'il s'agit là d'un départ non pas symbolique, mais physique. Avec des valises. Le communiqué officiel étant daté du 29 octobre, l'homme prend les devants. Il s'efface. Je n'oserais pas affirmer que des bouchons de champagne vont sauter, comme lorsque directeur de la Bibliothèque de Genève (BGE) a quitté sous la contrainte ses fonctions en 2018. Ce serait cruel. Mais il y a un peu de cela.

Je vous cite quelques passages de la lettre, par ailleurs brève, de Jean-Yves Marin. Elle commence par un «Madame, Monsieur, chers amis», qui oublie le «chères amies» épicène. Elle donne ensuite dans la sobriété. «Par ce courrier, je tiens à vous annoncer mon départ de la direction du MAH après dix années passées au sein de cette grande institution,» Elle se termine par une phrase dont les «insiders» apprécieront tout l'humour involontaire. «Je laisse une institution prête pour une nouvelle grande aventure, celle de l'agrandissement et de la restauration du musée.» Suit le communiqué officiel, d'une platitude exemplaire. Je ne m'y attarderai donc pas.

Quels sont les dessous?

La question que je me pose est la suivante: «qu'est-ce qui s'est passé?». Le 1er novembre coïncide avec l'arrivée, un peu tardive, de Marc-Olivier Wahler. Le nouveau directeur. Celui-ci aurait-il voulu «faire le ménage» en évitant la cohabitation prévue pour un an? Où, quand et comment est éventuellement intervenu le magistrat? Radiovipère va se charger de nous informer dans les jours qui viennent. Il n'y a plus qu'à souhaiter bonne chance au nouveau venu. Il va trouver une équipe démotivée, un hérissement de méfiances, un mécénat tombé presque à zéro et un projet resté à peu près au même niveau. Il ne s'est finalement pas passé grand chose de concret depuis le refus populaire du projet Jean Nouvel du 28 février 2016. Le MAH a donc, si je sais bien compter, encore perdu plus de deux ans.

Pendant ce temps, Lausanne fait un tabac avec son tout nouveau MCB-a, Entre 700 et 1000 visiteurs par jour, selon sa direction. L'avenir romand s'est ainsi déplacé de 60 kilomètres à l'Est.

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