Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

J'ai pianoté pour voir la FIAC virtuelle. Il y a là 212 galeries. Attention les yeux!

Vous avez jusqu'à dimanche pour vous inscrire. C'est gratuit. Les oeuvres sont reproduites avec leurs prix. C'est en moyenne cher, mais il y a des occasions.

  • "When The City Sleeps" d'Elmgreen & Dragset chez Massimo De Carlo: 210 000 euros.

    Crédits: Elmgreen & Dragset, Massimo De Carlo, FIAC 2021.
  • Un néon de la star anglaise Tracy Enim. Le titre correspond au texte. Chez White Cube, 75 000 euros.

    Crédits: Tracy Enim, White Cube, FIAC 2021.

«C’est maintenant et c’est génial!» La revue «Beaux-Arts Magazine» a l’enthousiasme facile face au contemporain, on le sait. Il s’agit là de sa raison d’exister. Son site nous enjoint donc aujourd’hui de voir pour peu de temps, bien après les VIP, la FIAC en ligne. Celle-ci se voit en effet jetée comme une aumône aux pauvres que nous sommes. Le coup d’œil des miséreux sur une richesse inaccessible. Il faut dire que tout demeure ici gratuit. Il suffit de s’inscrire, en donnant son adresse mail, sur le site www.fiac.viewingrooms.com Vous pouvez ensuite entrer partout, comme il était possible de le faire en janvier à la BRAFA bruxelloise sans être dans les choux (de Bruxelles, cela va de soi).

Le menu se révèle copieux. D’abord, il y a 212 galeries dans cette foire virtuelle, menée comme la physique (qui devrait se dérouler du 21 au 24 octobre) par Jennifer Flay. Cela fait beaucoup de beau monde, les «grands» ayant joué le jeu de Gagosian à Marian Goodman en passant par Hauser & Wirth. Depuis les premiers essais de salons en ligne, l’an dernier, le système s’est sophistiqué. Pour le meilleur et pour le pire. L’infini des possibilités finit par créer une sorte de vertige chez le spectateur devant son petit écran. La société Artlogic s’est cette fois surpassée. Il y a tout le temps un machin qui bouge quelque part. La recherche semble paradoxalement plus lente de ce fait. Il y a chez le spectateur des impatiences à se retrouver au cœur de l’action, avec les œuvres pouvant se voir agrandies. Leurs prix le sont déjà. C’est en moyenne cher, la FIAC! Mais l’obligation d’indiquer les tarifs possède ici quelque chose de sain. Enfin une transparence!

Un parcours labyrinthique

Labyrinthique avec ses innombrables voies, le site www.fiac.viewingrooms.com oblige à une certaine prudence. Comme au milieu des buis taillés, il s’agit de ne pas se perdre. A moins d’avoir des heures à pianoter dans une France transformée en cocote minute par son couvre-feu, une discipline s’impose par conséquent. Mon conseil serait de ne pas trop s’éloigner du menu principal, avec la liste alphabétique des galeries. Il existe cependant d’autres biais, comme les choix de cinq commissaires invités, dont Bernard Blistène de Beaubourg et Emma Lavigne du Palais de Tokyo. Il y a même, comme je vous l’ai déjà dit lors de l’annonce de cette FIAC bis, une manière aléatoire de procéder afin d’opérer de réelles découvertes. Mais alors là, je vous préviens. C’est la journée entière, avec les petits sandwichs et la caisse de bière (ou la théière, suivant les tempéraments).

J’ai noté que les galeristes, flairant un public d’acheteurs un peu moins friqués, ont fait des efforts de démocratisation. Même les plus huppés, comme on disait jadis. J’ai ainsi vu en fin de parcours chez Continua de San Giminiano, qui est sans doute l’un des lieux les plus répandus dans le monde avec ses multiples succursales, un petit Shilpa Gupta brodé à 1000 euros. Oui, mille! J’ai vérifié en regardant mon écran de près. D’ailleurs, après deux heures de FIAC informatique, j’hésite à prendre rendez-vous chez mon oculiste préféré. Il y a chez moi comme une fatigue…

Pratique

www.fiac.viewingrooms.com jusqu’à dimanche soir.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."