Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Isabelle Excoffier propose ses «Drapés, transparences et reflets» chez Andata Ritorno

La Genevoise utilise l'architecture du lieu. Ses dessins et ses tissus reprennent la configuration des baies vitrées. Une réussite supplémentaire pour la plus Kunsthalle des galeries genevoises.

L'oeuvre d'Isabelle Excoffier est soulignée par l'éclairage du jour, qui change toute l'après-midi.

Crédits: Joseph Farine, Andata Ritorno 2019.

Je ne sais plus trop quel numéro porte l'actuelle exposition d'Andata Ritorno. Il y a deux ans, Joseph Farine a publié un livre à l’occasion de la trois-centième. Un record genevois depuis 1981. Un record tout court d'ailleurs, à notre époque ou certains galeristes se contentent paresseusement de trois ou quatre présentations par an, en jouant souvent des prolongations.

C’est Isabelle Excoffier qui occupe les lieux jusqu'au 9 mars. Née en 1953, formée aux beaux-Arts (actuelle HEAD), l'artiste est bien sûr la sœur d'Exem, mais leur production ne se ressemble pas du tout. Isabelle, qui a son atelier en France, pratique certes le dessin. Mais on lui doit surtout des sculptures, ou plutôt des assemblages. Elle utilise volontiers des matériaux de récupération, qui vont du bois à la toile. Ses drapés sont maintenus par une solide couche de résine, qui les fige en l'état voulu.

Linges et dessins

Isabelle pensait donner au départ des dessins à Andata Ritorno. Joseph Farine, on le sait, préfère les installations ou les performances comme en a témoigné sa récente participation à Artgenève. La grande salle de la rue du Stand offre certes de grandes œuvres sur papier aux murs, où des silhouettes se détachent sur des carreaux reprenant ceux des baies vitrées. Mais il y a aussi au sol, avec la même mise en rectangles, des morceaux de linge volontiers ravaudés. Des draps qui ont vécu leur vie avant de se retrouver utiliser pour une création artistique. Les fameux drapés tournent autour de la colonne centrale, qui forme l'image de marque d'Andata Ritorno. La petite chambre contiguë est enfin vouée au dessin pur. De petite taille, cette fois. Et encadré.

Ces composantes n'en forment pas moins un tout cohérent. Elles donnent une vision d'ensemble. Une nouvelle réussite de mise en scène dans la plus indépendante des galeries locales. Avec une petite question tout de même. Jusqu'à quel point Joseph Farine dirige-t-il une petite Kunsthalle, avec ce que la chose suppose d'expérimental? Et à quel point s'agit-il encore d'une galerie, autrement dit d'un magasin? Je penche pour la première solution jusqu'à l'extrême. Nous sommes ici hors de toutes contingences commerciales.

Pratique

«Isabelle Excoffier, Drapés, reflets et transparences», Andata Ritorno, 37, rue du Stand, Genève, jusqu'au 9 mars. Tél. 022 329 60 69, site www.antataritornolab.ch Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 18h.



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