Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Gourdes et tongs, le Musée d'art et d'histoire genevois s'offre un "shop" en ligne.

Le MAH propose ses livres et articles sur Internet, alors que le but normal des institutions est que les visiteurs viennent dans leurs murs.

Les tongs du Musée d'art et d'histoire.

Crédits: MAH, Genève 2021.

Avez-vous envie d’un parapluie inspiré par une toile symboliste de Luigi Rossi? C’est 20 francs, ce qui ne fait plus grand-chose au jour d’aujourd’hui. Le foulard en soie dérivé de Ferdinand Hodler coûte logiquement davantage. Soixante francs. Soit une tune de plus que le grand puzzle Conrad Witz. La gourde isotherme, marquée du nouveau logo du Musée d’art et d’histoire, celui aux bâtonnets illisibles sur fond de couleur pétaradante, se vend pour sa part 25 francs 50. Mais vous pouvez choisir sa couleur: rose, violet ou noir. Si vous voulez passer inaperçu, prenez plutôt la rose. Pour deviner qu’elle sort de notre MAH municipal, il faut avoir de bons yeux. Les miens se sont écarquillés devant mon écran avant que je découvre enfin les initiales désirables.

Les gourdes MAH. Essayez de lire sur la rose! Photo MAH, Genève 2021.

De quoi s’agit-il? Mais de quelques-uns des objets appartenant à la nouvelle boutique en ligne du musée. Pourquoi en ligne? Grande question! Le «shop» est en principe destiné à faire courir le public dans le bâtiment même, où il occupe parfois un espace disproportionné. Avant la pandémie, celui du Victoria & Albert de Londres tenait ainsi du grand magasin. En Suisse, ce genre de «merchandising» n’est guère entré dans les mœurs. Le Kunsthaus de Zurich ou le Kunstmuseum de Bâle en font le moins possible dans ce genre à risques (1). A Paris, le Louvre doit en effet périodiquement solder des articles dont personne ne veut.

Catalogue sorti in extremis

En principe, ce genre de boutique (en ligne ou non) se voit accolé à des institutions connaissant une fréquentation d’enfer. A Genève, celle-ci en reste plutôt au purgatoire. Je vois du coup mal qui va s’offrir les tongs MAH, alors que je suis parmi les seuls à me promener dans la cité avec deux des quatre masques produits par le musée il y a déjà bien quelques mois. Vous me direz qu’il y a aussi les livres, le musée ne possédant plus de librairie depuis bien longtemps après le départ compréhensible de l'éditeur Luca Notari. Ce sont ici des catalogues, en général conçus pour une exposition terminée. Je signale à ce propos que celui de «Marcher sur l’eau» a fini par sortir de presse au forceps à la mi-juin, alors que la manifestation s’est terminée le 27 du mois dernier. Trop de changements successifs demandés, puis apportés à la maquette, selon les rumeurs. Le MAH a pourtant bien fait les choses. Il en existe une version en français et une autre en anglais. Si si! Achetez si possible les deux. Je vous le conseille. Vu le peu de copies qui circuleront, ce seront un jour des «collectors»!

Le parapluie MAH, inspiré par Luigi Rossi. Photo MAH, Genève 2021.

(1) J’ai été vérifier depuis la rédaction de cet article au MCB-a de Lausanne. Dans le bâtiment. Pas en ligne. Rien d’incongru, à part une étrange râpe à fromage «design».

N.B. La "Tribune de Genève" a consacré hier, le lundi 5 juillet donc, tout un dossier aux problèmes intellectuels et humains du Musée d'art et d'histoire.

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