Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Pétition aboutie! Il devrait y avoir un vote populaire sur Le Plaza

Crédits: Centre d'Iconographie genevoise

Il y a des moments où le feu se déclare partout. Genève a beau ne pas posséder le patrimoine monumental de Rome ou de Venise, l'incendie semble aujourd'hui simultané. Je vous ai déjà parlé de la tentative de sauver le cinéma Le Plaza, construit dans les années 1950 par Marc-André Saugey. Il forme une des réussite majeures du Genevois, même si on peut ne pas aimer les immeubles de verre et d'acier l'entourant. Il s'agissait en plus à l'époque d'une prouesse technologique. Cette salle de spectacle se situait alors à l'avant-garde mondiale. 

Je ne vais pas vous raconter une nouvelle fois les vicissitudes de ce complexe moderne, racheté avec la ferme intention de transformer le cinéma en galeries marchandes, comme si ces dernières avaient encore le vent en poupe. Il circulait alors une pétition, que j'ai du reste eu de la peine à trouver pour y apposer ma signature. Elle a pourtant porté ses fruits. Ce ne sont pas moins de 11 316 personnes qui ont marqué leur attachement à cette salle et demandé à ce que l'Etat la rachète contre dédommagement afin de la maintenir en service. «Le chiffre semble confortable», explique Marcellin Barthassat de Patrimoine Suisse Genève. «Le nombre requis est de 7600. Nous avons compté très large avant de remettre notre pétition aux autorités compétentes le 2 octobre.»

Vérification en cours 

L'Etat procède maintenant aux vérifications d'usage. «La chose devrait prendre environ trois semaines», précise Tarramo Broennimann, un autre architecte qui a dynamisé le projet de sauvetage. «Le quota sera certainement atteint.» Il faudra alors voir si l'objectif ne contredit pas la Constitution genevoise, si laborieusement remaniée. «J'ai bon espoir», reprend Marcellin Barthassat. «Le sujet est délicat. Les conseillers d'Etat n'aiment pas tant prendre leurs responsabilités aujourd'hui en osant un coup d'éclat qui ferait tout voler en éclat (1). Nous ne sommes plus au temps des Guy-Olivier Second ou des Robert Cramer (qui préside par ailleurs aujourd’hui Patrimoine Suisse Genève, NDLR). La population genevoise devrait donc voter.» 

Qui vivra verra. En principe le conseiller d'Etat Antonio Hodgers, qui a l'air d'un brave garçon, devrait pourvoir aussi débloquer la situation en revenant sur les autorisations de démolition données. C'est lui le chef dans le domaine des constructions. Reste que nous sommes dans le canton de tous les possibles, ce qui n'empêche pas le reste de la Suisse de trouver les Genevois impossibles. 

(1) Le Plaza a été classé en son temps, mais les négociations pour la compensation financière n'avaient pas abouti.

Photo (Centre d'Iconographie genevoise): Le Plaza en 1955. On y projette alors le nouveau film de Marcel Carné avec Simone Signoret et Raf Vallone.

Texte intercalaire.

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