Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Naissance du Swiss Antique Show en novembre à Palexpo

Crédits: Tribune de Genève

Trou d'air. Trou d'art. Le Salon des Antiquaires et des Arts du XXe siècle (1) n'a pas eu lieu comme d'habitude en novembre 2016 au Palais de Beaulieu à Lausanne, avec son angelot tutélaire comme affiche. La manifestation se donnait alors un temps de réflexion. Que faire après 46 éditions, alors que la profession apparaît en mue profonde? Il fallait apparemment un nouveau lieu, assorti d'un nouveau nom. Un communiqué de presse vient d'annoncer la naissance de Swiss Antique Show. Sa première mouture se déroulera du 1er au 5 novembre à Palexpo. A Genève, donc. Elle devrait accueillir une quarantaine d'exposants proposant des œuvres allant de l'Antiquité à hier, ou plutôt avant-hier. 

Il s'agira d'une manifestation courte, comme la veut la tendance actuelle. Les salons de dix jours, voire de trois semaines, qu'on a connus se font de plus en plus rares. Ne reste à mon avis guère que la TEFAF de Maastricht, décentrée et difficile d'accès, pour s'étaler ainsi dans le temps. La longue durée n'apparaît guère profitable à la vente, tout en renchérissant les coûts pour les participants. Une foire comme Art/Monte-Carlo, qu'organise également Palexpo, ne laissait ainsi, il y a quelques semaines, que trois jours d'ouverture pour le public, les mondanités prenant ici le dessus, comme hélas à Art/Basel.

Le savoir-faire de Palexpo 

Pour le moment, on n'en sait pas plus sur Swiss Antique Show, le communiqué empilant les clichés («un temps fort dédié à l'exception et au raffinement», «Genève, ville plus ouverte que jamais sur le monde», «un événement riche d'histoire et ouvertement tourné vers l'avenir»...). Ce qui est sûr, c'est que Palexpo a développé un savoir-faire et que le Comité du Syndicat Romand des Antiquaires a décidé de moderniser son approche. Les réseaux sociaux vont donner à pleins gaz. 

Il ne reste donc plus qu'à décider les marchands pour une rencontre devenue unique en Suisse (2). Bâle et Zurich ont jeté l'éponge en la matière. Quant à Paris, sa Biennale des Antiquaires, devenue annuelle, vient d'annoncer la présence de 95 participants, dont seulement 36 étrangers. Notons que Genève y sera présente puisque la manifestation, prévue du 11 au 17 septembre (là aussi le nombre de jours s'est vu diminué), accueillera des œuvres des collections Barbier-Mueller sous le titre de «110 ans de passion». Il devrait y avoir là des pièces demeurées inédites.

(1) Les arts du XXe siècles sont entré dans l'intitulé en 2015.
(2) Ils étaient 68 en 1990 à Lausanne, 34 en 2015. Les visiteurs ont passé, eux, de 30 000 en 1970, année de fondation du Salon (né en même temps qu'Art/Basel) à  environ10 000 en 2015.

Photo (Tribune de Genève): La Salon des Antiquaires, ancienne version, à Lausanne.

Texte intercalaire.

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