Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Les historiens locaux ont aussi des idées sur le futur MAH

Crédits: Ville de Genève

Si je ne vous ai pas parlé jusqu'ici du texte de Patrimoine Genève sur le MAH, alors que la conférence de presse s'est tenue le lundi 18 décembre, c'est pour une bonne raison. J'attendais copie de la lettre sur le même sujet par l'Association pour l'étude de l'histoire régionale (AEHR). Cette dernière est un peu froissée que Patrimoine suisse ait tiré à lui la couverture. Le susceptibilités sont grandes aussi chez les gens s'occupant du passé. 

Le document de l'AERH, envoyé sous forme de courrier à Jacques Hainard et Roger Mayou, en charge de la Commission pour le nouveau MAH, reste plus court. Cinq pages à peine. Découlant d'une assemblée du 17 octobre, il a été expédié pile un mois plus tard, le 17 novembre. La lettre est signée par Isabelle Brunier, en tant que présidente, et par Barbara Roth, à la tête du groupe de travail. Le résultat n'apparaît pas fondamentalement différent. L'AEHR trouve ainsi bon de décloisonner ou de partir à la recherche de publics plus larges.

Roman national 

Là aussi, c'est le «roman national», expression qui a beaucoup fait tousser en France, qui gêne aux entournures. Cette idée semble «plus proche de Michelet», le grand historien du XIXe, que des préoccupations contemporaines. L'Association se demande aussi par quel artifice on fera partir le parcours à l'envers par Ella Maillart où Henry Dunant, par ailleurs peu ou pas représentés dans les collections du MAH. C'est cependant au niveau des collaborations que les choses passent le plus mal. Seule l'Université est concernée avec un «learning center» (tout fait plus chic dit en anglais). Rien ne semble en revanche prévu en lien avec le chantier archéologique de la cathédrale, la Bibliothèque de Genève, le Musée international de la Réforme ou le futur espace, archéologique lui aussi, de Saint-Antoine. Un mauvais point pour une musée dont le nombril serait Genève et son histoire. 

Evidemment, le destin des collections autres que locales préoccupe ici aussi beaucoup. «Les tableaux ne serviront-ils que d'illustrations de phénomènes historiques?» Doivent-ils vraiment faire partie d'une trame narrative, qui risque par ailleurs de vite se figer? Enfin, l'abandon du Rath comme de la Maison Tavel «est à nos yeux une erreur.» Tavel forme en lui-même «un objet muséal». Le Musée Rath fait partie intégrante de l'histoire de Genève. 

L'AERH, qui se déclare elle aussi prête à participer aux travaux de réflexion, se penche enfin sur les six départements du MAH. «Nous demandons qu'une réflexion sur le fonctionnement général de cette institution soit entreprise au plus tôt, avant de discuter du projet muséographique.» Encore faudrait-il, ce que ne précise pas le document, que tous les départements aient un responsable. Ce n'est par exemple plus le cas du cabinet numismatique...

Photo (Ville de Genève): L'équipe du MAH, ou du moins une partie. Le musée fait travailler (ou devrait faire travailler) près de 200 personnes, dont nombre se considèrent aujourd'hui au chômage technique.

Ce texte intercalaire suit immédiatement celui sur Patrimoine suisse Genève.

Il y encore un petit éditorial à la suite.

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