Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Le MEG montrera en mai les "Religions de l'extase" africaines

Crédits: MEG

Ce n'est pas une nouvelle, vu qu'elle avait été annoncée lors de la conférence annuelle des musées genevois, à laquelle je n'assistais pas (1). Mais on en sait aujourd'hui un peu plus. La prochaine exposition du MEG genevois sera bien consacrée à l'Afrique. Le Continent noir, pour user une métaphore éculée, succédera ainsi à l'Australie, à l'Asie et à l'Amérique du Sud, qui aura été fêtée deux fois (les Mochica et l'Amazonie). Tourne logique. Il faudra une fois se pencher sur l'Europe, qui reste souvent le parent pauvre des musées d'ethnographie (2). 

Le 7 janvier se terminera donc la manifestation sur les aborigènes, que je n'ai pas eu envie de revoir même si son effet est supposé se révéler boomerang. Il y aura ensuite une langue pause, puisque «Les religions de l'extase» prendront leur envol le 18 mai. «Au MEG, chaque exposition est la promesse d'un voyage», annonce d'emblée le communiqué de presse. Fort long, ce dernier révèle tout à la fin le fait que le commissaire en sera Boris Wastiau. Il faut dire que l'homme, par ailleurs charmant (du moins avec moi), est décrit par certains comme prenant beaucoup de place. Le directeur de l'institution a déjà remarquablement mis en scène l'Amazonie, alors que le lieu n'organise au final guère qu'une grande manifestation par an.

Monothéismes et cultes autochtones 

«Les religions de l'extase», qui doivent leur titre à un ouvrage à ce qu'il paraît essentiel d'Ioan Lewis «Extatic Religion» (1971), se divisera en quatre. Le parcours commencera par les monothéismes, avant de passer aux «fondamentaux» autochtones. Il y aura ainsi les possessions, puis l'univers magico-religieux et enfin les diasporas. Quelque 400 objets se verront montrés. Tous feront partie des collections du MEG, dont la politique actuelle est de se concentrer sur le fonds. Celui-ci permettra de présenter des inédits. Il y aura aussi l'indispensable intervention contemporaine. Elle sera due au vidéaste éthiopien Theo Eshetu. Cinq photographes internationaux (j'ai noté aussi bien le genevois Christian Lutz que Fabrice Monteiro) montreront les pratiques africaines actuelles. J'ai aussi vu que parmi les images annoncées, l'une au moins se voyait signée d'un certain Boris Wastiau (1970-). 

Je rappelle du coup que ce dernier avait déjà proposé, sous le règne transitoire de Jacques Hainard, l'exposition «Medusa in Africa» en 2008. On restait encore alors dans l'ancien bâtiment. 

(1) Je viens d'apprendre (nous sommes le 28 novembre) que l'Europe sera traitée en 2019.
(2) Je précise que j'avais tout de même été invité.

Photo (MEG): L'Afrique, telle qu'elle se voit montrée dans les espaces semi-permanents.

Texte intercalaire.

 

 

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