Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENEVE/Laure Schwartz-Arenales dirigera le Musée Baur. Portrait

Crédits: Loisirs.ch

Le nom a été lâché incidemment lors de la conférence annuelle des musées genevois, à laquelle je n'étais pas. Monique Crick, dont le mandat s'est vu prolongé d'un an à la tête des Collections Baur, a enfin donné le nom de la personne devant lui succéder. Il s'agit de Laure Schwartz-Arenales, qui entrera en fonction le 2 octobre. Les deux femmes auront l'occasion de passer trois mois ensemble, ce qui me semble un bon passage de flambeau. Cette période coïncidera avec le montage et le vernissage (le 22 novembre) de la dernière exposition de Monique Crick, rue Munier-Romilly. Celle-ci se verra consacrée à la porcelaine d'exportation chinoise. Le titre fait déjà rêver «Le bleu des mers» donne presque des idées de plage, même si ce n'est bien sûr pas de cela qu'il s'agit. 

Monique Crick était spécialiste de la Chine. Sa successeure (féminisons le mot, après tout, nous sommes à Genève) est tournée vers le Japon. Née en 1969, ce qui présage une longue présence au Musée Baur, la quadragénaire a bien sûr passé par l'Ecole du Louvre. Elle a ensuite obtenu le poste de chargée de recherches au Musée Guimet, qui reste le temple parisien des arts asiatiques. La débutante y est restée de 1994 à 1998, tout en donnant (admirable retour des choses) des cours à l'Ecole du Louvre alors qu'elle avait à peine 25 ans.

Une thèse impressionnante

La japonologue (je crois que c'est le mot consacré) a bien sûr donné une thèse dont le sujet m'impressionne. Il s'agit de «Otuku Neka Zu, ou les miroirs d'un paysage cosmique daté 1086». Je peux juste vous dire que l'archipel vivait alors au temps des Heian. Il s'agit en effet d'une spécialiste de la peinture bouddhique. L'ouvrage, soutenu à l'Université Paris IV-Sorbonne en association avec l'Université nationale de Tohoku, lui a valu un doctorat. 

La suite de la carrière de Laure Schwartz-Arenales, qui a écrit de nombreux articles en japonais et organisé de multiples colloques, est universitaire. Elle se situe à Sophia de Tokyo, une institution privée. La Française y a cofondé la «filière Japonologie». Comme me l'écrit Monique Crick, «celle-ci se situe dans la faculté des sciences humaines. Laure y est chargée de séminaires sur l'histoire des arts de l'Asie en France et de la réception de l'art extrême-oriental en Europe, avec notamment l'histoire des collections.» Son travail lui a valu une haute distinction. En 2007, la scientifique a reçu le grand prix de la Kajima Foundation, récompensant un chercheur en histoire de l'art. «C'était la première fois que cette récompense allait à un personne étrangère.»

Chine et Japon 

Voilà. Vous savez presque tout, c'est à dire à peu près rien. Je n'ai ainsi aucun portrait de l'élue à vous montrer. J'aurai certainement l'occasion de revenir sur la nouvelle directrice. Je rappelle aussi que les Collections disposent de deux solides conservatrices. Il s'agit d'Estelle Niklès van Osselt, tournée vers la Chine, et d'Helen Loveday, également japonologue. La Corée, le Vietnam ou la Thaïlande, voire l'Inde, ne se fraient que difficilement un chemin dans le musée privé fondé par Alfred et Eugénie Baur. Il y a Extrême-Orient et Extrême-Orient.

Photo (Loisirs.ch): Les portes du Musée Baur, rue Munier-Romilly à Genève.

Texte intercalaire.

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