Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/La galerie Anton Meier présente à nouveau la gravure de Dieter Roth

Crédits: Succession Dieter Roth/Galerie Anton Meier, Genève

C'est un habitué de la maison. La mort n'a pas changé les choses. «J'ai plusieurs fois présenté Dieter Roth, dont j'achète par ailleurs régulièrement des œuvres», explique Anton Meier dans sa galerie du 2, rue de l'Athénée. Un «palais» dont il occupe la moitié du haut, éclairé par une verrière qui prend l'été des températures de serre chaude, pour ne pas dire d'étuve. Effectivement! Le galeriste a déjà montré l'artiste germano-suisse une demi douzaine de fois. J'ai noté sur Internet 1991, 1996, 2003, et 2009, et ce n'est sans doute pas tout. Anton Meier me rappelle qu'il l'avait déjà proposé aux Genevois dès 1978. «C'est quelqu'un qui m'a toujours intéressé par la richesse de sa production.» 

Rappelons que Roth est né à Hambourg de parents suisse et allemand en 1930. Ces derniers l'ont mis à l'abri en Suisse dès 1943. Dieter a commencé un apprentissage de graphiste en 1947, alors qu'il ne s'agissait pas encore d'un métier à la mode. Mais la Suisse alémanique passait alors pour la Mecque du genre. Cette profession lui a beaucoup servi jusqu'à son décès en 1998. «Roth se trouvait toujours à côté de l'imprimeur au moment du passage des plaques de ses gravures. Il en multipliait les variantes, allant jusqu'au bout des possibilités.» La chose se découvre aujourd'hui à nouveau à l'Athénée, où il y a notamment aux murs les six versions de son «Piccadilly» de 1971. Et Anton Meier me tire encore de ses réserves une septième possibilité dans une autre tonalité...

Activité débordante 

Roth, qui a connu un parcours itinérant (la Suisse, l'Allemagne, le Danemark, La Grande-Bretagne, l'Islande et les Etats-Unis), a développé une activité débordante de graveur à la fin des années 60 et au début de la décennie suivante. C'est à cette époque que remontent la plupart des pièces proposées à Genève. Audacieuses et novatrices pour l'époque. Avec des tirages surprenamment élevés. «Dieter a souvent produit pour des sociétés d'amis de musée ou des associations. Il fallait suffisamment d'exemplaires pour les membres. Parfois jusqu'à 200.» Il s'agit parfois d’œuvres conçues avec des moyens classiques, comme les sept «prisons» (ou «cages») traités à l'aquatinte. «Mais il lui est arrivée de partir de photos, ou même de cartes postales.» 

Il y a en tout 36 épreuves aux cimaises, mais Anton Meier en détient d'autres. Très muséale, l'exposition a cependant une vocation commerciale. Elle restera en place jusqu'en octobre.

Pratique

«Dieter Roth, Prints», galerie Anton Meier, 2, rue de l’Athénée, à l'étage, jusqu'au 14 octobre. Tél. 076 344 55 92, site www.antonmeier-galerie.ch Ouvert du mardi au vendredi de 14h30 à 18h30, le samedi de 10h à 14h. 

Photo (Succession Dieter Roth/Galerie Anton meier, Genève): L'une des versions, la plus sombre de la série "Piccadilly" de 1971.

Texte intercalaire.

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