Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/L'Ariana fera partie des bénéficiaires de la manne fédérale

Crédits: Musée de l'Ariana, Genève

Le nouvelle est connue depuis deux jours. Il reste temps de la donner, vu que l'affaire prendra encore deux mois. «C'est en septembre que nous signerons le contrat de prestation avec l'Office fédéral de la culture», explique Isabelle Naef Galuba, à la tête de l'Ariana genevois. Celle-ci est cependant toute sourire, et on la comprend. «Le soutien financier de la Confédération à notre musée nous change tout simplement la vie.» La directrice n'aura pas rempli l'hiver dernier son énorme dossier pour rien («il fallait l'avoir rendu le 30 mars»). 

Mais de quoi s'agit-il? D'une redistribution des cartes. Le message culture, pour parler comme les officiels, délivré par le Parlement fédéral en juin 2015 modifiait les règles du jeu pour ce qui est de l'attribution des aides financières aux musées du pays. Il faut désormais faire acte de candidature. «Après avoir rempli les conditions, cela va de soi! Il y en avait trois. Le postulant devait avoir un rayonnement national. Il lui fallait posséder une collection importante. Une production innovante s'imposait enfin par rapports aux publics.» Sur ce dernier plan, l'Ariana, voué je le rappelle au verre et à la céramique, avait des arguments. «Nous sommes parmi les premiers à avoir conçu un travail avec les migrants et la toute petite enfance.»

Un tiers des candidats écouté 

Il n'y avait du coup pas tant de candidats que ça. Trente-cinq dossiers, dans un pays qui compte passé 1100 musées, c'est proportionnellement très peu. Les experts ont donc pu accueillir favorablement un tiers des demandes. Treize. L'Ariana touchera ainsi 250 000 francs en 2018, 370 000 en 2019 et 420 000 de 2020 à 20122. «Après tout s'arrête, ou plutôt tout recommence à zéro avec de nouveaux dossiers.» Cet argent s'ajoute bien sûr aux subventions déjà existantes. Sami Kanaan, magistrat en charge de la culture, peut du coup louer la «nouvelle donne fédérale» dans le communiqué officiel de la Ville de Genève, sorti le vendredi 21 juillet. 

Il reste bien sûr trop tôt pour dire ce que l'Ariana fera de cet argent. Ce sera en tout cas des «travaux de fond». Le musée vit en effet avec peu d'argent par rapport au Musée d'art et d'histoire, au Musée d'histoire naturelle ou au MEG. Sa fréquentation n'en apparaît pas moins très honorable. Les chiffres annuels officiels oscillent entre 49 000 et 54 000 visiteurs. Il me reste encore à donner le nom des autres lauréats romands, la partie francophone du pays s'en sortant étonnamment bien. Des encouragements financiers iront à l'Elysée de Lausanne, au Laténium de Hauterive, à côté de Neuchâtel, ou au Vitromusée de Romont.

Photo (Musée de l'Ariana, Genève): Un gobelet de verre présenté cet été dans l'exposition de fond "Schnaps et röstis".

Texte intercalaire.

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