Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Koller a fait sa vente de peinture suisse avec Bocion en tête

Crédits: Koller Genève

On restait loin du bourdonnement. C'était à peine s'il y avait une vingtaine d'amateurs, mercredi soir, à la Salle des Abeilles de l'Athénée. Voilà qui faisait peu de monde pour la première vente de peinture suisse que Koller y organisait depuis des lustres. Il s'agissait, je le rappelle, de marquer les trente ans de la présence de la maison d'enchères zurichoise à Genève. Un joli catalogue, du genre restreint. Moins de cent œuvres. 

Les téléphones ont Dieu merci (il existe aussi un Dieu pour les marchands d'art) suppléé le manque. Il y en avait sept, auxquels il faut ajouter les deux personnes de Koller surveillant les offres sur le Net. Cyril Himmer a donc pu procéder avec ordre et méthode à la vente. Un peu surpris. Il y a normalement davantage de monde pour celles offrant des créations suisses. Ceci dit, je ne comprends pas les gens, à moins qu'ils se trouvent au loin, d'attendre avec impatience un coup de fil. Je peux vous dire qu'on se sent autrement plus détendu dans une salle d'où, ironie du sort, le collectionneur part souvent avec autre chose que ce qu'il avait prévu.

Record pour Bocion 

Les choses se sont donc correctement passées (environ la moitié des lots vendus), même si le commissaire-priseur avouait après-coup regretté que certains bons lots n'aient pas trouvé leur amateur, comme le Bosshard bien dur de jeunesse estimé pourtant avec indulgence. Les luttes se sont concrétisées sur des toiles sinon phares (ce n'était tout de même pas le Léonard de Vinci de New York!), du moins importantes. Le prix le plus haut a été atteint par «Le Grand Lac vu d'Ouchy» de Bocion (1886). Le paysage est parti à 130.000 francs, auxquels il faudra ajouter 30 pour-cent de frais. Tempéré par sa fille, le marchand genevois Paolo Tonon s'est battu jusqu'au bout dans la salle contre un courageux anonyme au bout du fil. Prisé entre 35 000 et 40 000, le plus important des De la Rive, d'un goût très banquier privé genevois des années 1950, est parti à 60 000 (plus les fameuses échutes). C'est en revanche au ras de l'estimation basse qu’a été adjugé le grand Töpffer (45 000) et le beau portrait anglais au pastel de Liotard (50 000).

Le but de Cyril Himmer serait d'obtenir à l'avenir une vente de tableaux par an à Genève. Il faut trouver la marchandise. Pour le moment, la maison Koller se tâte. La vacation de mercredi constitue un signe plutôt encourageant. De nos jours, comme on dit dans le métier, il y a généralement beaucoup de «ravalés».

Photo (Koller Genève): "Le Grand Lac vu d'Ouchy" de François Bocion.

Texte intercalaire.

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