Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Art en Vieille Ville a réussi sa nouvelle édition. La suite samedi!

Crédits: Manolo Valdes/Galerie Sonia Zannettacci, Genève 2017

Il existe des événements climatiques. Les vernissages simultané en font partie. C'est sans nul doute à une soirée particulièrement clémente, le jeudi 2 novembre, qu'Art en Vieille Ville (AVV) a dû son succès tonitruant. Si, sur le coup des 18 heures, les visiteurs se comptaient sur les doigts de la main (de plusieurs mains, soyons justes), il y avait ainsi foule trente minutes plus tard. Et ceci partout, même dans les galeries squattant le parcours. Tous les lieux de la vielle Ville ne font en effet pas partie de l’association éponyme (ou du même nom, si vous préférez). Il y en a même qui n'en sont plus, comme Bailly, qui y aura accompli un très bref passage. 

Que voir samedi 4 novembre de 11 à 17 heurs, la diurne succédant à la nocturne? Gagosian propose Franz West. Pas de meubles de l'Autrichien, mort il y a cinq ans. Des sculptures abstraites et colorées. Un tableau du début des années 2000. Des dessins de jeunesse, évoquant autant l'art brut que la Sécession viennoise. Le tout mis en scène de manière très professionnelle. Pour ce qui est du contemporain international et «starifié», Grob montre Ron Arad. L'Israélien quitte de plus en plus le design chic et cher au profit des arts plastiques. Il est permis de moins aimer. 

Sonia Zannettaccci et Anton Meier glissent eux tout doucement dans le moderne. Les années passent. La première aligne aussi bien Manolo Valdes que Roland Topor ou Peter Klasen. Le second, l'un des seuls à avoir finalement respecté le mot d'ordre «Dix» qui devait marquer les dix ans d'AVV, réunit dix artistes suisses parfois un peu négligés. Il est bon de rappeler l'existence de gens parfois disparus comme Dieter Roth, Martin Disler ou Franz Eggenschwiler. Schifferli comptait bien jouer la règle du jeu 10. Mais un amateur alémanique en a décidé autrement. Il a emporté bien des choses, d'où un nouvel accrochage où domine le peintre abstrait Charles Rollier. Un Genevois dont on pourrait célébrer en 2018 les 50 ans de la disparition.

Rosa Turetsky reste fidèle à ses artistes. Elle sait les mettre en valeur. Ainsi en va-t-il aujourd'hui avec le Genevois Alexandre Joly, qui fête ses 40 ans. On y retrouve son univers. Il y a là de grosses boîtes avec parfois des coquillages. Des disques de métal sur des tableaux. A côté, Marie-Laure Rondeau, de Grand-Rue, propose des œuvres à sujets essentiellement alpins des XVIIIe et XIXe siècle. Elle y mêle, ce qui est relativement nouveau ici, de la photographie ancienne (et chère). Je terminerai sans terminer avec Phoenix Ancient Art. La galerie mère de la rue Verdaine présente un choix d'archéologie tout à fait étonnant. J'y reviendrai. Et je préciserai que le public lui a fait fête. Les affaires sont visiblement oubliées. Restent les pièces, qui sont bien sûr l'essentiel.

Pratique

Art en Vieille Ville, samedi 4 novembre à travers la ville. Site www.avv.ch Ouvert de 11h à 17h. 

Photo (Galerie Zannettacci, Genève 2017): Le tableau "10" de Manolo Valdes (fragment), qui pourrait symboliser l'édition actuelle d'Art en Vieille Ville.

Texte intercalaire.

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