Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GALERIE/Fabrice Gygi et Valentin Carron chez Art Bärtschi & Cie

Crédits: Art Bärtschi & Cie

Une pluie d'expositions en galeries accompagne logiquement Artgenève. La foire commencera le 1er février pour le public, mais la messe (tiens «Messe» signifie foire en allemand...) sera dite lors d'un interminable vernissage le mercredi 31 janvier. Le jeudi 18 s'est ainsi déroulée la Nuit des bains à laquelle je n'assistais pas, avec des programmations ambitieuses. J'y reviendrai petit à petit. Il n'y a pas urgence. Christoph Rütimann restera un certain temps chez Skopia, tout comme John Armleder prendra pension plusieurs semaines chez Joy de Rouvre. 

Art Bärtschi & Cie s'est véritablement défoncé avant les réjouissancs promises à Palexpo. La galerie ne propose pas moins de trois expositions en ce moment. Deux se situent aux Bains, 24, rue du Vieux-Billard. Il s'agit d'une présentation de gravures de Georg Baselitz, omniprésent l'année de ses 80 ans, et d'un accrochage Andrea Mastrovito. Notons que les pastels datant de 1993 sont tirés d'une collection privée. Cela ne les empêche pas de se retrouver à vendre.

Titre latin 

Jeudi 25 janvier, Art Bärtschi & Cie vernissait au 43, route des Jeunes sa troisième proposition. Le tandem Fabrice Gygi-Valentin Carron se voit réuni sous le titre de «Qui canem necare vult eum rabiosum dicit». Vous avez tous compris puisque vous n'avez pas perdu votre latin. «Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage». Peu d'oeuvres se retrouvent dans le loft. Les cinq de Fabrice sont constituées par d'immenses aquarelles aux formes géométriques. Vues de loin (et c'est ici possible), elles semblent de tonalités aussi uniformes que des impressions à l'encre. Découvertes de près, elles révèlent des vibrations inattendues chez l'artiste genevois. Il y a là quelque chose de vivant. Un gros travail aussi, camouflé par la virtuosité du geste. Le spectateur sent un glissement dan sa production qui mènera sans doute vers d'autres choses. 

Carron travaille lui sur le cageot. Un symbole de la production massive des pommes dans son canton il y a cinq ou six décennies. Le Valais se voulait alors tout moderne. ici faites de métal, ces caisses sont peintes de diverses couleurs et imbriquées l'une dans l'autre. Elle sont du coup devenues six sculptures minimales renvoyant elles aussi à un passé plus ou moins lointain. La feuille de presse parle du reste de «pratique archéologique» chez Carron. C'est amusant, certes. Mais là, je me sens nettement moins convaincu, même si le rapprochement avec les aquarelles géantes de Gygi se justifie. Comme création, c'est tout de même un peu court.

Pratique

«Qui canem necare vult eum rabiosum dicit», Art Bärtschi & Cie, 43, route des Jeunes jusqu'au 7 avril. Tél. 022 310 0 13, site www.bartschi.ch Désolé! C'est seulement ouvert sur rendez-vous.

Photo (DR): L'affiche de l'exposition.

Tete intercalaire.

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