Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

FIN/James Rosenquist, l'une des stars du pop art, est mort à 83 ans

Crédits: AFP

Le pop art, devient de plus en plus historique. Il s'agit d'une figuration du passé, même si des épigones tardifs croient maintenir haut la flamme. Tom Wesselmann est décédé il y a treize ans. Roy Lichtenstein est mort depuis vingt ans. Andy Warhol nous a quitté il y a déjà trente ans. James Rosenquist les a rejoints le 31 mars. Il avait 83 ans. Moins populaire sans doute, il n'en a pas moins constitué l'une des figures moteurs de ce genre qui a propulsé, au début des années 1960, les Etats-Unis au sommet de la création... et surtout du marché de l'art. 

Rosenquist était né à Grand Forks en 1933. C'est dans le nord du Dakota. Il a connu une vocation précoce dans un milieu et une région qui ne s'y prêtaient pas. Après avoir obtenu des bourses, il n'en est pas moins arrivé à New York dès 1955. Il lui fallait vivre. Le débutant a donc peint des kilomètres de panneaux publicitaires, ce qui fut sans doute sa chance. Toute son inspiration lui est venue des ces images immenses et plates, aux couleurs tranchées et aux profondeurs sans ombres, afin de ne pas perdre en lisibilité. James poursuit ce métier alimentaire jusqu'en 1960, date à laquelle la mort d'un de ses collègues, tombé d'un échafaudage, le pousse à regarder ailleurs.

Succès immédiat 

C'est le bon moment. Il se voit pris au sérieux par les galeries qui s'apprêtent à dominer la Planète. De son parcours d'affichistes, l'homme garde le traitement, mais il fragmente bientôt l'image afin de la détourner de sa signification première. Les collectionneurs et les musées se montrent d'emblée séduits par cet art monumental. Rosenquist fait en plus partie d'un puissant réseau de créateurs. Il a habité en arrivant à New York le même immeuble que Robert Indiana et Ellsworth Kelly, tandis que Jasper Johns et Robert Rauschenberg vivaient dans la maison d'à côté. 

La pratique de Rosenquist a peu évolué avec les années, puis les décennies. Le vétéran s'est du coup retrouvé marginalisé par rapport à ses jeunes collègues. Lui-même assurait ne pas trop savoir ce que constituait le pop-art, tel qu'il a été défini par la critique. Ses œuvres sont plus rares que celles de certains de ses collègues. Il faut dire que son atelier a brûlé en 2009, anéantissant un tiers de sa production. Rosenquist s'était remis au travail dès le lendemain.

Photo (AFP): James Rosenquist devant un de ses tableaux les plus connus, où l'on reconnaît John Fitzgerald Kennedy.

Texte intercalaire.

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